Radian

Juxtaposition

(Thrill Jockey / Discograph)

 date de sortie

20/09/2004

 genre

Rock

 style

Post-Rock

 appréciation

 écouter

4 MP3 (extraits)

 tags

Martin Brandlmayr / Post-Rock / Radian / Stefan Németh / Thrill Jockey

 liens

Radian
Thrill Jockey
Martin Brandlmayr

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Un nouvel album de Radian est toujours quelque chose que l’on attend avec une certaine impatience, toujours confiant quant à la qualité de ce groupe. Aucune raison d’être déçu ici puisque le groupe passait en concert au Centre Pompidou il y a un peu moins de six mois, et nous offrait alors un excellent concert. Cela dit, Juxtaposition n’est pas exempt de surprises, mais il s’agit bien sûr de bonnes surprises !

Le groupe ne change pas, mais évolue en douceur, et surtout nous propose ici un quatrième album parfaitement construit alors que Rec.Extern nous donnait un peu l’impression de compiler les deux premiers opus. On retrouve les éléments qui font le son du groupe à commencer par ces rythmiques affûtées, mais celles-ci sont moins systématiquement mises en avant, moins démonstratives. A ce titre, Vertigo est un modèle d’épure. Du coup le disque gagne en efficacité, paraît plus humain, moins clinique, sans être non plus inintéressant, loin de là. Le peu que l’on semble perdre sur le plan rythmique, on le récupère largement sur les mélodies, et un travail assez fréquent sur les textures. Les ambiances sont savamment travaillées au profit d’un album assez sombre, inquiétant. Ce même Vertigo nous fait d’ailleurs penser à une musique de film avec ses boucles mélodiques en suspend et ses bruitages métalliques.

Shift, le morceau qui ouvre l’album résume assez bien ce disque : intro expérimentale proche de ce que l’on connaît du groupe, cassures, recherches sonores mêlant acoustique et électronique, puis grand élan général où tout se mêle avec une efficacité terrifiante. Nous parlions du travail sur les textures, et bien justement, le troisième morceau, Rapid Eye Movement en est un bel exemple : un signal d’alarme pour commencer avec un son dense qui est réutilisé avec parcimonie par la suite, ponctuant la rythmique. Celle-ci rempli son rôle, nous maintenant en haleine comme sur un long break, et passe à la vitesse supérieur quand le signal d’alarme revient. Une construction très carrée qui joue elle aussi en faveur de l’efficacité du disque. Autre bel exemple, Tester, propose des nappes tendues, grésillantes, sur de gros riffs de guitares menaçantes.
Au niveau des mélodies, on retiendra le contemplatif Helix à la rythmique ralentie, sur un joli duo de basse et vibraphone, et le superbe Nord qui clôture l’album sur plus de huit minutes, passant par une envolée nerveuse mais s’attardant sur de magnifiques échanges entre guitare et vibraphone.

Que vous ne connaissiez pas encore Radian ou que vous soyez fans, vous pouvez vous jetez sur cet album. Les uns découvriront un groupe important, peut-être le plus intéressant dans la veine post-rock électronique (on les découvrait à la même époque que To Rococo Rot ou Kreidler par exemple), les autres compléteront leur collection les yeux fermés.

Fabrice ALLARD
le 09/10/2004

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