Stafrænn Hákon

Ventill / Poki

(Resonant / Import)

 date de sortie

13/09/2004

 genre

Rock

 style

Post-Rock

 appréciation

 écouter

Kjammi (complet)

 tags

Post-Rock / Resonant / Stafrænn Hákon

 liens

Stafrænn Hákon
Resonant

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Ce quatrième album de Stafrænn Håkon (si on met de côté les deux albums sortis à 50 exemplaires autoproduits en 2003) s’annonçait comme celui de « la dernière chance », à nos yeux, pour le groupe islandais. En effet, après des disques, certes très agréables, mais ne se démarquant pas assez des canons du post-rock instrumental atmosphérique, on avait décidé que Ventill / Poki ferait office de juge de paix.

C’est dès lors avec un a priori pas forcément très positif qu’on pénètre dans ce nouvel album et qu’elle n’est donc pas notre surprise dès le morceau d’ouverture : si le groupe a conservé sa parfaite maîtrise du genre, il témoigne à présent d’une volonté de le transcender qui n’avait jamais transparu dans les albums précédents. Travail sur les nappes, incorporation d’instruments réels (là où la batterie était, sur les disques passés, majoritairement, électroniquement ajoutée) ou d’éléments électroniques (dans le captivant Vogor), densité et richesse des morceaux (via l’emploi de profonds cuivres et de savoureuses cordes) ; on ira pas jusqu’à dire que Stafrænn Håkon a complètement révolutionné sa musique, mais la formation islandaise a brillamment réussi à s’extraire du chemin ultra-balisé dans laquelle elle semblait se complaire. Partant, le mariage entre accords de piano, trémolo de guitares et nappes de synthé ne nous a rarement paru aussi sublime (Rafmagn), ni une attaque de batterie aussi prenante (Eder).
Reste alors à trouver des explications à cette transformation de la chrysalide en papillon. Les notes de pochette nous apprennent que Dialect a participé à l’enregistrement de Ventill / Poki en jouant de la batterie et de la basse, d’une part, et en travaillant au mastering et à la production, d’autre part. De cette rencontre entre l’artiste electronica anglais et le groupe islandais (dont on avait pu constater les bienfaits sur leur tour EP commun) s’est donc extrait ce souffle nouveau qui semble traverser à présent les morceaux de Stafrænn Håkon. De plus, alors que les albums précédents du groupe avaient été enregistrés « à la maison », les Islandais ont pu bénéficier d’une semaine en studio pour peaufiner leurs arrangements, se plonger véritablement dans l’enregistrement et en tirer ce beau disque (qui, au passage, met à mal le mythe du home recording au résultat soi-disant toujours plus intéressant que lorsqu’on est en studio avec davantage de moyens).

On osait plus l’espérer mais ça y est : Stafrænn Håkon occupe enfin la place qu’on lui avait réservé à l’écoute des premières démos du groupe et de laquelle il semblait s’éloigner disque après disque : une place de premier choix dans notre panthéon des formations de post-rock instrumental.

François Bousquet
le 19/11/2004

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