Hecq

Scatterheart

(Hymen / La Baleine)

 date de sortie

22/10/2004

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 écouter

23 MP3 (extraits)

 tags

Electronica / Hecq / Hymen

 liens

Hecq
Hymen

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On se souvient de A Dried Youth premier album et coup de maître de l’allemand Benny Boysen, aka Hecq. A l’époque l’espoir nous traversait même, d’une possible nouvelle donne en ce qui concernait le versant extrême et expérimental de l’electronica. Après les albums de toutes beautés d’Apparat (Duplex chez ShitKatapult) et d’Einoma (Milli Tonverka chez Vertical Form), A Dried Youth, émaillé de samples organiques (opéra, bruissements…) et d’algorithmes judicieusement choisis, présentait en effet de larges possibilités, tant au niveau des moyens techniques que celui de la générosité envers ses auditeurs. Boysen, jouait à merveille sur les atmosphères et les textures rugueuses d’une ambiant-electronica évocatrice de paysages post-industriels, de champ de ruines rouillés, noyés dans la brume. Le défi d’alors semblait être de ne pas sonner trop froid ni inhumain.

Las, son nouvel album prend le total contre-pied de cette orientation ludique même si ardu, pour ne garder que le deuxième adjectif de cette phrase. Oeuvre complexe (ce qui n’est pas forcément pour nous déplaire) Scatterheart ne cultive pourtant pas la fragile sensualité du premier. Seul point commun entre ces deux albums, l’aspect cinématique que nous retrouvons ces temps-ci dans toutes les productions Hymen/Ant-Zen. Ici, c’est bien de cinéma qu’il s’agit en effet et la plupart des samples semblent tirés de films anglo-saxons (nous apprendrons en vérité qu’il s’agit de textes lues par Erich Fried, un ami de Boysen). Pourtant, ce supplément d’humanité ne redonne pas vraiment vie à la création (créature ?) de Boysen.

Plus abstrait que jamais, des tracks comme P.1.1, p.1.2, p.1.3, sortes d’interludes qui cachant mal la volonté d’expérimentation ultime de l’artiste, et cela au dépend du plaisir de l’auditeur. A l’écoute de Scatterheart, on pense surtout aux grands pionniers de la musique concrète, ou électro-acoustique, ce qui pourrait être un plus, mais également au classique d’Autechre. Un manque de personnalité qui finalement mine l’auditeur.
Du coup, cet aspect un rien décevant, ajouté à l’ambiance générale de l’album, dépouillé et sans âme, expérimentale mais sans réelle originalité, fini par donner envie de tourner la page. Entendez bien, Scatterheart n’est pas un mauvais album, juste un de ceux que l’on écoute sans vraiment accrocher, sans l’entendre. A trop vouloir intellectualiser, on tue l’émotion. Mais pour cela il nous reste toujours A Dried Youth qui lui, était exceptionnel.

Maxence Grugier
le 28/11/2004

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