Shuttle358

Chessa

(12k / Import)

 date de sortie

00/12/2004

 genre

Electronique

 style

Ambient / Electronica

 appréciation

 écouter

2 MP3 (dont 1 complet)

 tags

12k / Ambient / Electronica / Fenton / Shuttle358

 liens

12k

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Quatrième album pour Shuttle358, le troisième sur 12k (un autre étant paru sur Mille Plateaux) et, une fois encore, le musicien est parfaitement à sa place sur le label new-yorkais, développant une electronica-ambient minimaliste, faite de nappes et micro-glitchs.

Mettant en place des textures accueillantes et chaleureuses, Dan Abrams parvient assez habilement à se positionner tout juste à la frontière entre espace sonore un peu trop rempli et dépouillement musical, de telle sorte que chaque élément semble se positionner idéalement (du son micro-électronique classique à celui s’apparentant à un cuivre etouffé), sans qu’on ait l’impression d’un trop-plein, ni de devoir tendre l’oreille pour percevoir une sonorité spécifique. De la même manière, la musique de Shuttle358 se situe au point d’inflexion entre introspection et mutisme, suffisamment intérieure sans pour autant être refermée sur elle-même, et entre mouvement indiscontinu des nappes et stabilité de celles-ci, faisant durer chaque son juste le temps qu’il faut, tout en permettant à l’auditeur de s’y attacher. Peu aisé, ce travail d’équilibriste, quand il est bien mené (et c’est le cas, ici), donne lieu à de très bons disques. Celui-ci fait partie de ceux-là (qui plus est, il dure cinquante-quatre minutes, soit une durée impeccable, ni trop courte, ni trop longue), même si son écoute ne viendra pas bouleverser nos certitudes en la matière (le label 12k semblant décidément s’être fait le chantre de cette electronica minimaliste).

Souvent mélancolique (Marche), mais sachant aussi se faire plus optimiste (la rythmique et l’ambiance générale de Duh, la luminosité du vibraphone de Dead Leaves, par exemple), la musique de Shuttle358 témoigne surtout d’une forte dimension évocatrice, soulignée par un luxueux digipack, proposant de nombreuses photos réalisées par Dan Abrams lui-même qui annonce d’ailleurs qu’il va poursuivre dans cette voie, prévoyant d’exposer ses travaux photographiques dans une galerie. Dès lors, il ne reste plus à l’auditeur qu’à brancher son casque sur sa platine, à s’abandonner à ces textures et à laisser son esprit vagabonder jusqu’à parvenir au bout de Chessa et de s’apercevoir que Dan Abrams est également parfaitement à l’aise dans un titre incorporant guitare, cordes et batterie dans une sorte de post-rock électronisé alangui du plus bel effet.

François Bousquet
le 24/02/2005

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