Manual

Azure Vista

(Darla / Import)

 date de sortie

18/04/2005

 genre

Electronique

 style

Shoegazing

 appréciation

 écouter

Neon Reverie (MP3 complet)

 tags

Darla / Manual / Shoegazing

 liens

Manual
Darla

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Désormais, Jonas Munk ne peut plus s’en cacher : il a clairement délaissé l’electronica de ses débuts pour un shoegazing inspiré où lignes lumineuses de guitares et nappes étincelantes se taillent la part du lion. Son nouvel album, Azure Vista (son septième disque depuis le printemps 2002, le rythme ne faiblit pas), vient brillamment le démontrer.

Avant même de mettre le disque dans le lecteur, on est en terrain connu : la pochette est une variation de plus sur un soleil couchant (après celle d’Ascend, Isares, The North Shore et The Golden Sun) et le titre du premier morceau est Clear Skies Above the Coastline Cathedral (soit un double hommage à Slowdive : via le morceau Blue Skied An’ Clear de la formation anglaise, d’une part, et via le morceau Coastline, une chanson de l’album solo de Rachel Goswell, d’autre part). Et, en effet, dès les premières notes, l’évidence se fait : disparues les mélopées digitales, mises sous le boisseau les rythmiques synthétiques, place est faite à ces envolées prenantes de guitares, à ces mélodies de synthé réverbérées et à ces murs sonores de six-cordes dont Slowdive était la plus parfaite incarnation. Pour autant, Manual ne sombre ni dans le passéisme, ni dans le décalque en choisissant de ne pas verser dans le tout-analogique ; ainsi, les guitares font l’objet d’un large traitement comme les nappes de synthé et, fréquemment, la batterie paraît être électronique.
Le caractère imparable des mélodies (Summer of Freedom et surtout Neon Reverie, son dédoublement harmonique et son savoureux break avant de repartir de plus belle) permettant de rapidement emporter l’adhésion, on se retrouve bien vite emporté par Azure Vista qui, de surcroît, est de ces disques qui offrent deux possibilités d’écoute. Au casque, l’auditeur sera comme ivre, saoulé par ces accords de synthés et ces guitares réverbérées ; via des enceintes, la musique emplira la pièce qui, elle-même, semblera comme prise dans ce tourbillon sonore. Par moments, d’aucuns pourront estimer que Jonas Munk verse dans un lyrisme quelque peu démesuré, mais c’est le style musical choisi qui veut cela : le shoegazing ne se conçoit qu’avec un débordement émotionnel qui peut sembler exagéré mais qui est empreint d’une grande sincérité. De toutes façons, Manual a eu la judicieuse idée de placer des plages plus apaisées (Twilight où apparaissent seulement des nappes, Tourmaline où les guitares se calment, le morceau-titre et ses voix féminines éthérées) entre deux morceaux aux envolées sonores non contenues.

Si, quand il se situait dans un entre-deux quelque peu malaisé (entre electronica et shoegazing sur Isares, par exemple, entre hip-hop et shoegazing sur The Golden Sun), le jeune Danois ne nous avait pas pleinement convaincu, on retrouve, avec ce nouvel album, les hauteurs atteintes avec ses deux premiers long-formats (Until Tomorrow et Ascend, parus sur Morr Music en 2001 et 2002) qui étaient de purs albums d’electronica. Ainsi, il semble que Manual soit réellement à l’aise quand il opte pour un style précis (sans que cela ne l’empêche, par ailleurs, d’aller piocher quelques éléments dans d’autres genres musicaux) que ce soit l’electronica (ses deux premiers albums) ou le shoegazing (ici même). Azure Vista est donc bel et bien une véritable réussite et un album dans lequel, sans doute aucun, on aura, à l’avenir, toujours autant de plaisir à se plonger.

François Bousquet
le 14/05/2005

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