Boris Hauf

Soft Left Onto Westland

(Mosz / Metamkine)

 date de sortie

25/04/2005

 genre

Electronique

 style

Ambient / Minimal

 appréciation

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2 MP3 (extraits)

 tags

Ambient / Boris Hauf / Minimal / Mosz

 liens

Boris Hauf
Mosz

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Voici le genre de disque que l’on achète sans même savoir qui est Boris Hauf, sur la seul foi du label Mosz qui ne nous a quasiment jamais déçu jusque là. Il s’agit de la sixième sortie du label autrichien, avec un artiste pas aussi inconnu que cela puisqu’il est entre autre membre de Efzeg dont on a déjà parlé à quelques reprises sur ces pages, notamment lors du Festival Batofar cherche Vienne qui avait invité Efzeg ou les projets solos des membres du collectif (Martin Siewert, Dieb 13).

Il s’agit encore une fois du genre de disque que l’on aborde vierge de toutes références puisque Boris Hauf produit sa musique d’une manière particulièrement personnelle, propose des compositions en quête de quelque chose de nouveau tout en leur conférant une certaine sensibilité auquel tout le monde ne sera certainement pas perméable. Pour situer rapidement le genre, on gardera trois mots : minimale - ambient - pop.
Attention, pas de guitare ou de chant ici, mais parfois quelques mélodies toutes simples font leur apparition, simplicité accrue encore par le choix des sonorités, limpides, directement sorties des machines, brèves, claquantes. On en vient logiquement à cette rigueur germanique qui permet à l’artiste de se concentrer sur l’essentiel, juste une tonalité qui disparaît comme elle est apparue, nette et sans bavure. Cette pop minimale à faire pâlir Kraftwerk est flagrante sur Kimberley Jones’ Dancers and The 8 Movie Stars..., tenant quant à elle son humanité dans l’erreur, quand les machines s’enraillent alors que la rythmique mécanique n’est pas sans nous rappeler les imprimantes de [The User]. Cet aspect minimal est particulièrement présent dans les rythmiques, composées de sonorités micro-électroniques comme des clicks, claquements et autres erreurs, fruits de manipulations numériques.
Ambient enfin, pour deux raisons. D’abord le tempo n’est jamais très soutenu, et cette pop minimale que l’on écoutera volontiers en faisant autre chose se fait généralement apaisée, et intègre même parfois quelques field recordings, voix lointaines. Mais on trouve aussi quelques pièces purement ambient, avec un long drone métallique subtilement filtré pour en libérer petit à petit le souffle (Waste Management Business) ou plus classiquement un souffle grave et polaire sur lequel se posent de micro-bruitages, claquements, le tout se voyant petit à petit coloré par une nappe lointaines sur Gerry.
On précisera pour finir qu’en dehors de ces considérations la composition, le matériau avec lequel Boris Hauf travaille est globalement glacé. Ces sifflements aigus, ces souffles, ces drones, ces tonalités coupées net au scalpel, ces grooves efficaces mais mathématiques, produisent une musique qui a en effet un petit quelque chose de pop, mais une pop clinique.

On ressort de là non pas avec l’impression d’avoir écouté l’album de l’année, mais plutôt avec le sentiment d’avoir affaire à un artiste intègre, qui fait de la recherche musicale sans bouder le plaisir de l’auditeur (et le sien), quitte à se perdre peut-être parfois dans une trop grande rigueur. Mais est-ce un défaut ?

Fabrice ALLARD
le 19/06/2005

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