Port-Royal

Flares

(Resonant / La Baleine)

 date de sortie

25/04/2005

 genre

Electronique

 style

Ambient

 appréciation

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Jeka (MP3 complet)

 tags

Ambient / Port-Royal / Resonant

 liens

Port-Royal
Resonant

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On connaissait Resonant pour les sorties de Stafraenn Hakon, Esmerine, Dialect ou S/kum, il va falloir maintenant compter avec Port-Royal, formation italienne venue de Gênes qui nous délivre ici un album prometteur, à la croisée de l’electronica et du post-rock, le tout étant dominé par une teinte ambient.

C’est très clairement ainsi que débute l’album, parfaitement contemplatif avec Jeka et sa lente mélodie de piano, ses murmures lointains, et quelques notes de guitare cristalline rapidement égrenées. Il y a là quelque chose d’aquatique, de sous-marin dans le traitement du son, les douces ondulations de courants sonores, à l’image de la pochette du disque. Et puis on rentre dans le vif du sujet avec Spetsnaz/Paul Leni, une pièce de 11 minutes alternant ambient lunaire et post-rock planant : la batterie est relativement ferme, les guitares s’imposent naturellement avec toujours ce même jeu rapide à l’origine de nappes cristallines. C’est tout simplement beau, mais comme assez souvent sur cet album, le collectif italien semble de pas trop savoir où aller. On passe alors de l’ambient au post-rock, on revient au calme lors d’un break, puis on enchaîne avec une rythmique electronica relativement dérangée qui donne une toute autre teinte à ce morceau, avant de revenir à des paysages plus désertiques et arides avec une texture de guitare saturée. Port-Royal nous fait alors penser à un croisement entre Stars of The Lid, Pan American ou Loscil, et Sigur Ros lors de ces quelques montées bruitistes.

On retrouve d’ailleurs un peu de tout cela sur les deux triptyques Zobione et Flares. Le premier est très ambient dans sa première partie avec quelques délicats bruitages, puis franchement post-rock contemplatif avec une rythmique fine et aquatique composée de discrets éléments électroniques, et fini par nous surprendre avec une rythmique électronique assez sauvage, dérangée, noyée de bruit. Mais tout rentre dans l’ordre sur un final tout à fait ambient et méticuleux. Flares est un peu plus direct : les guitares ne tardent pas à faire leur apparition avec une superbe mélodie mélancolique parfaitement soulignée par un chaos rythmique savamment contrôlé. On touche alors au sublime. Le jeu de guitare de la deuxième partie paraît mal assuré mais s’avère pourtant d’une terrible efficacité, la tension est joliment maîtrisée, les montées prenantes, et les ruptures troublantes. Finalement, sur la dernière partie de Flares on réalise que Port-Royal c’est un peu les guitares de Stafraenn Hakon et l’électronique de Dialect, le meilleur de ces deux artistes réuni sur un même disque.

Un album indispensable pour amateurs d’ambient, de guitares lumineuses et planantes, ou d’électronique cliquetante.

Fabrice ALLARD
le 02/07/2005

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