Robert Normandeau

Puzzles

(empreintes DIGITALes / Metamkine)

 date de sortie

13/06/2005

 genre

Electronique

 style

Expérimental / Musique Concrète

 appréciation

 écouter

5 MP3 (extraits)

 tags

empreintes DIGITALes / Expérimental / Musique Concrète / Robert Normandeau

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On découvrait Robert Normandeau il y a quelques années à l’occasion de Sonars, paru chez Rephlex, compilation de quelques unes de ces précédentes oeuvres, déjà publiées chez empreintes DIGITALes. Puzzles est le cinquième album de cet artiste de renommée mondiale, maintes fois primé, et professeur de composition électro-acoustique à l’Université de Montréal, à être publié sur ce label canadien, également largement reconnu pour la qualité de ses sorties, son packaging original, et son approche didactique (les notes de pochettes permettent aux compositeurs d’expliquer leur travail).

Puzzles regroupe des pièces composées pour des pièces de théâtre mises en scène par Brigitte Haentjens, et écrite par Feydeau, Duras, ou Sophocle pour ne citer que les plus connus. Celles-ci sont ici présentées dans leur version originales ou parfois recomposées a posteriori en studio afin d’en faire des oeuvres indépendantes. Petit avertissement enfin, Puzzles n’est pas un CD-Audio, mais un DVD-Audio, lisible par toute platine DVD, et proposant au choix une version mixée en 5.1, et une classique version stéréophonique, sachant qu’a l’origine ces pièces sont prévues pour une diffusion sur 16 pistes !!

Mais laissons là ces considérations techniques, et prenons le temps de découvrir ce nouvel opus qui propose des pièces assez variées. Le morceau titre qui sert d’ouverture nous surprend par son côté ludique, sont aspect très concret avec un véritable collage de frétillements, gargouillis, frottements, couinements de jouets et voix lançant des onomatopées. Ludique donc mais aussi très rythmé.
Après cette courte introduction, le disque se divise en quatre pièces d’environ 15 minutes chacune. On change complètement de registre avec Eden, un magnifique morceau ambient composé de choeurs et nappes orchestrales, lumineuses, cristallines. Les sons se superposent, s’enrichissent mutuellement, et forment une pièce mélancolique que quelques percussions viennent encore aggraver. Dans une même veine, on trouvera l’envoûtant StrinGDberg qui superpose deux boucles, l’une de vielle à roue, l’autre de violoncelle. Les deux éléments sont triturés au fil du morceau et finissent par former une puissante nappe texturée, source d’une belle tension, mais aussi pleine de rythme, repartant sans cesse dans un nouvel élan.

Si ces deux morceaux sont très liés au travail du matériaux sonore à la manière d’une sculpture, les deux autres sont plus orientés technique de composition, et collages. On est donc plus proche de la musique concrète, avec le développement d’une idée, d’un concept. Chorus a pour thème la tolérance, et est dédié à toutes les victimes du 11 septembre 2001. Il est découpé en sept mouvements, dont trois d’entre eux reprennent des éléments des religions juive, chrétienne et islamique, pour ensuite créer des combinaisons, des mélanges entre elles. Il s’agit d’une oeuvre assez facile d’accès, toujours à la limite en ambient classique et électro-acoustique purement expérimentale.
La dernière pièce, Hamlet-Machine with Actors, est beaucoup plus complexe. Il s’agit d’une relecture a posteriori, en mélangeant la musique de la pièce avec des enregistrements sur scène de répétition et de la première représentation. Aux musiques se joignent donc bruitages des acteurs dans leur jeu, et voix, pour un résultat assez dérangé, mouvementé, chaotique.

De part les différents types de composition, on a du mal à adhérer à l’ensemble du disque, mais il possède suffisamment de moments envoûtants pour ne pas hésiter à l’écouter plusieurs fois en boucle, et même à donner envie de puiser dans les oeuvres passées de cet artiste.

Fabrice ALLARD
le 11/08/2005

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