65DaysOfStatic

The Fall of Math

(Monotreme Records / Chronowax)

 date de sortie

00/10/2004

 genre

Rock

 style

Post-Rock

 appréciation

 écouter

2 MP3 (complets)

 tags

65DaysOfStatic / Monotreme Records / Post-Rock

 liens

65DaysOfStatic
Monotreme Records

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65DaysOfStatic est une formation de Sheffield qui s’est faite remarquée l’an dernier avec la sortie de son premier album, The Fall Of Math. Du NME à The Wire en passant par Rock Sound, la presse anglaise était unanime. Le succès public a du suivre également puisque l’album en est déjà à son deuxième pressage, et c’est à cette occasion qu’il nous arrive en France avec une distribution digne de ce nom.

En fait on comprend assez rapidement l’enthousiasme que suscite 65DaysOfStatic. Another Code Against the Gone est une intro à l’album, très électronique, avec des bruits de machines mal branchées, ronronnements, une note de piano répétitive avant de décoller vers une electronica saturée, nerveuse, aux rythmiques crades, mais c’est Install a Beak in the Heart that Clucks Time in Arabic qui donne une plus juste image du groupe : intro calme, douce, acoustique avec piano et nappes de guitares au loin, rythmique électronique frétillante, montée de basse, plainte d’un mélodica, puis une cassure et tout devient cohérent, la batterie a repris ses droits pour un bref passage de post-rock langoureux, avant qu’une nouvelle cassure écrase tout avec des guitares rugueuses, saturées, évoluant vers un post-rock nerveux, plein de rage, débordant d’énergie.

Certes, le groupe a un peu de mal à éviter la formule, on retrouve presque toujours des intros calmes électro-acoustique, avec piano ou guitare, nappes ou textures électroniques, et une rythmique finement ciselée, avant l’explosion de guitares saturées mais toujours mélodiques qui leur vaudra quelques comparaisons logiques avec Mogwai. Mais même si l’appellation de post-rock épique pourrait convenir à 65DaysOfStatic, ils s’en détachent en jouant sur les cassures brutales plutôt que les longues montées, allant même jusqu’à en jouer sur le morceau titre, alternant souffles de laptop que ne renierait pas Fennesz et séquences rock particulièrement denses. Le groupe part même dans un délire néo-classique au milieu de ce chaos, et la batterie se retrouve complètement triturée par l’électronique sur un final époustouflant. C’est avec ce titre (qui aurait mérité une sortie en single à la place d’un Retreat ! Retreat ! sans grand intérêt) que l’on saisit toute la puissance créatrice du groupe qui nous donne parfois l’impression d’entendre Mogwai hanté par Venetian Snares (cf les rythmiques limites breakcore posées sur les violons timides de Default This).

Il serait difficile de citer ici tous les points forts de cet album, mais on retiendra encore I Swallowed Hard, Like I Understood pour le sentiment d’urgence qu’il dégage, pour son piano mélancolique qui se glisse dans un déluge de guitares et batterie déjantée, Hole pour son final aux machines saccadées contribuant au rythme de l’ensemble, Fix The Sky a Little pour l’impression de chaos que suscite sa rythmique et ses guitares saturées, ou enfin Aren’t We All Running ? pour sa rythmique mi-acoustique, mi-électronique.

Un album réellement impressionnant par sa façon d’intégrer aussi franchement des styles complètement différents, et la maîtrise de cette fusion au profit d’une énergie débordante. Les amateurs de post-rock y trouveront là leur avenir, les amateurs d’electronica une nouvelle voie à explorer. Etant donné l’énergie qu’il y a dans cet album, on se demande ce que ce groupe donne sur scène !!

Fabrice ALLARD
le 15/08/2005

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