Brian McBride

When The Detail Lost Its Freedom

(Kranky / Southern)

 date de sortie

31/10/2005

 genre

Electronique

 style

Ambient

 appréciation

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3 MP3 (extraits)

 tags

Ambient / Brian McBride / Kranky

 liens

Kranky

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L’an passé sortait l’album solo d’Adam Wiltzie, somptueux disque paru sous le nom de The Dead Texan ; cette année, Brian McBride (l’autre moitié de Stars of the Lid) propose à son tour un long-format en solitaire mais sous son nom propre. Et, à l’instar de notre réaction enchantée d’il y a un an, on se trouve ébahi devant une ambient aussi attachante.

Plus dépouillé que celui de son compère, l’album de l’états-unien met en place une musique à l’instrumentation relativement légère (quelques notes de piano, une lointaine nappe de guitare, des cordes intermittentes) mais à la délicatesse constamment mise en avant. S’il ne se révèle pas forcément aussi immédiatement captivant que le disque de The Dead Texan, ne reposant pas sur de prenantes superpositions de nappes, celui de Brian McBride opère en douceur, préférant agir par petites touches, ne faisant intervenir que peu d’instruments en même temps, créant des atmosphères ouatées propres au laisser-aller. Pour autant, le musicien sait également proposer des morceaux plus riches comme Our Last Moment in Song, ses deux guitares et le chant voilé de Cheree Jetton (membre de The Pilot Ships) ; mais ce très relatif foisonnement n’empêche pas l’ensemble de conserver une dimension extrêmement gracile, toujours en retenue.

De fait, c’est ce qui pourrait aisément être reproché à When The Detail Lost Its Freedom : une forme de discrétion légèrement maniérée. Mais, en réalité, Brian McBride a fait le choix de laisser les instruments s’épanouir dans un cadre épuré afin qu’ils puissent prendre toute leur ampleur ; par conséquent, cette absence d’un drone d’arrière-plan ensorcelant qui aurait attirer sur lui l’attention s’avérait nécessaire. Au demeurant, dans I Will, le musicien tord le cou à ces éventuelles critiques avec des nappes en flux et reflux tout à fait passionnantes soulignées d’un bruit de ressac. Plus encore, The Guilt of Uncomplicated Thoughts apparaît comme le sommet du disque : mélodie de guitare émouvante aux larmes, seconde six-cordes installant une plage accueillante, voix évanescente de Cheri Keating remplacée pour les deux dernières minutes par une trompette ravissante, bref huit minutes de pure beauté. L’album peut alors se clore avec trois derniers morceaux dans la lignée de celui-ci, mais moins ébouriffants. Reste que ce disque est tout à fait enthousiasmant ; si le prochain album de Stars of the Lid réalise la synthèse des disques solo de ses membres, ce sera, à n’en pas douter, un chef d’œuvre.

François Bousquet
le 31/10/2005

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