Silencio

Grünezeit

(Carte Postale Records / COD&S Distribution)

 date de sortie

17/09/2005

 genre

Electronique

 style

Ambient

 appréciation

 écouter

2 MP3 (complets)

 tags

Ambient / Carte Postale Records / Silencio

 liens

Silencio
Carte Postale Records

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Un peu plus d’un an après Sehnsucht, premier album de Silencio, voici Grünezeit qui sort cette fois chez Carte Postale Records. Silencio est désormais un duo, Julien Demoulin ayant été rejoint par Nicolas Lecocq début 2004. Une arrivée qui a changé les choses et ouvert Silencio aux mélodies.

Si le récent concert de Silencio au Project 101 laissait entrevoir le changement, on restait globalement dans un univers ambient assez sombre, avec parfois quelques mélodies éclatantes. Ainsi l’album s’ouvre sur June qui servait également d’introduction au concert. On comparait alors ce titre à du Brian Eno période Musique for Airports, et nous confirmons ici : piano lent, notes éparses mais mélodie bien présente. En guise de liant, ce qui semble être un accordéon discret, quelques résonances lointaines, cliquetis rythmiques puis une guitare vient prêter main forte. Le très joli Hindsight sort un peu du lot et se rapproche du post rock avec sa mélodie répétitive de piano et sa superposition régulière de nouveaux éléments (tintements électroniques, timbale, résonances) dont un rapide égrenage de guitare pour une belle montée façon post-rock épique tout en restant acoustique. L’accent est alors mis sur la beauté des sons, cette montée reste maîtrisée, l’énergie canalisée.

Pendant un temps on pourrait croire à un retour aux sources avec l’intro sombre et dense de Memorandis, mais les nappes lancinantes et notes éparses reviennent pour un titre rêveur avec guitare et violon plaintif. Et on en vient à regretter le changement assez radical au profit non pas d’une certaine légèreté, mais d’une mélancolie toc, une béatitude irritante. C’est joliment fait, soigné, mais peut-être trop bien fait pour sonner vrai (ou juste) et quelques nappes grésillantes ne suffisent pas à rendre 00:44 authentique. Le Beau ne justifie pas tout et estompe même ici toute émotion. Et si la frontière entre ambient et new-age est assez ténue, elle semble malheureusement franchie avec Sleep It Off.
Après ce passage à vide, Like a Friday Night in La-La Land apparaît presque comme une bénédiction : style plus franc, voire cassant (rupture nette d’une nappe par une note de piano) et contrasté avec un piano grave et des éléments électroniques plus clairs pour un très beau retour mélodique. L’album se termine par The Day You Died, titre de près de 11mn qui commence très bien, une mélodie sensible, comme de petites bulles qui éclatent, et le piano prend le relais à mi-parcours afin de terminer l’album comme il a commencé.

Après un premier album sans concession, très personnel, d’une approche peut-être un peu difficile, rugueux parfois, Silencio signe un deuxième album parfois un peu trop lisse. De très beaux morceaux, mais aussi un joli passage à vide en milieu de parcours. Espérons que dans le prochain album ils parviendront à marier leurs deux univers.

Fabrice ALLARD
le 25/11/2005

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