Ulrich Schnauss

A Strangely Isolated Place

(City Centre Offices / La Baleine)

 date de sortie

09/06/2003

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 tags

City Centre Offices / Electronica / Ulrich Schnauss

 liens

Ulrich Schnauss
City Centre Offices

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Avions-nous trop écouté Far Away Trains Passing By ? Avions-nous trop attendu ce second album d’Ulrich Schnauss ? Avions-nous surestimé le jeune musicien viennois il y a un an et demi ? Les questions affluent à l’écoute de A Strangely Isolated Place, second disque qui, s’il n’est pas désagréable s’avère quand même largement décevant à l’aune du fabuleux premier album de l’autrichien.

S’il conserve une science mélodique certaine, alliée à un savoir faire indéniable au niveau de la mise en espace sonore (bruits d’eau, atmosphère onirique), Ulrich Schnauss se laisse trop souvent aller à la facilité sur ce disque. Au-delà de l’aisé ajout de voix féminines, les rythmiques ont, bien souvent, perdu toute inventivité pour se limiter à une cadence binaire simpliste et l’ensemble semble davantage porté vers un format « chanson » pas forcément très heureux en l’espèce. Passés les deux premiers titres qu’on écoute avec peine tellement on se dit que le viennois gâche son talent dans des morceaux insipides, A Letter from Home relève un petit peu le niveau, bien que la rythmique soit, une fois de plus, basique et répétitive.
Il faudra, en réalité, attendre Monday - Paracetamol pour entendre enfin un bon morceau : structure évolutive, superposition de couches mélodiques, passage arythmique au milieu. Le titre qui suit (Clear Day) convainc également (même si on est, quand même, loin des splendides morceaux du premier album), mais c’est avec Blumenthal qu’on commence véritablement à se réconcilier avec l’artiste. Bel assortiment de nappes de synthé, de quelques notes de guitare et de six-cordes grattées, ce titre parvient à capitaliser sur les points forts de Schnauss tout en faisant évoluer sa musique pour la rapprocher d’une certaine shoegaze-electronica. Le morceau suivant emporte également l’adhésion par son alliage entre influences enfantines (petite rythmique robotique, notes de glockenspiel) et travail sur la réverbération, avant de lasser par manque de renouvellement. On termine enfin par un titre qui semble plus apaisé dans un premier temps, avant qu’une inutile rythmique ne vienne alourdir le tout. Heureusement, après un break d’une bonne minute, la seconde partie du morceau, nettement plus dépouillée, se concentre sur les nappes de synthé juxtaposées.

Globalement déçus, on espère bien vite qu’Ulrich Schnauss, dont une seule réécoute de Far Away Trains Passing By suffit à nous rassurer sur ses réelles capacités, se remettra bien vite d’un disque qu’il faut, somme toute, considérer comme un semi-échec.

François Bousquet
le 21/06/2003

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