Melmac

Les Secours Arrivent et Prennent Le Relais

(Ronda)

 date de sortie

00/05/2003

 genre

Rock

 style

Post-Rock

 appréciation

 tags

Melmac / Post-Rock / Ronda

 liens

Melmac
Ronda

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On a régulièrement pu croiser le chemin des deux frères Reverter qui composent Melmac. Des concerts réguliers sur Paris, et deux Ep, dont On Efface Tout et on Recommence, autoproduit, et 00:20:37 sorti chez Perversion Mécanique après quoi ils créent leur propre label sur lequel sort ce premier album.

Des débuts assez marquées par des influences post-rock façon Mogwai / Godspeed, le groupe a su évoluer doucement vers une musique plus personnelle, fine et soignée aux mélodies particulièrement touchantes sur cet album, en intégrant régulièrement des enregistrements de sons du quotidien comme la fermeture des portes du métro, ou le tic-tac d’un réveil en guise de rythme. C’est aussi dans notre environnement que Melmac est allé piocher les petites dessins qui servent de titre à chacun de ces 11 morceaux : les touches d’une platine CD, des panneaux d’information ou d’interdiction, des icônes informatiques, etc...
Tout commence par quelques tintements, un étrange bruitage rythmique au second plan et une boucle mélodique de guitare qui lance la machine. Les éléments s’empilent, s’imbriquent, trouvent leur place comme les longues notes de guitare qui accompagnent les tintements mélodiques d’un glockenspiel.
Les guitares sont ici présentes, mais elles sont traitées comme n’importe quel instrument, tantôt pour construire des mélodies cristallines, tantôt pour de longs accompagnements et drones qui rappellent des sirènes sur le troisième titre.

On pourrait regretter que quelques techniques et sonorités soient utilisées à plusieurs reprises comme ces notes de guitare jouées à l’envers, ou l’utilisation répétée de tintements de toutes sortes : cloches, grelots, gongs, glockenspiel, gamelan, timbales. D’un autre côté ils contribuent à la cohérence de l’ensemble et l’album forme alors un tout uni. De plus, ces tintements utilisés de façon originale, apportent une petite touche d’exotisme, appuyée par des voix asiatiques (piste 9), offrent une multitude de nuances en jouant sur la tonalité de chacun, la stéréo, leur volume pour construire de superbes mélodies comme le prouve ce même morceau, et servent même à construire une géniale rythmique sur l’intro de la 6eme piste.
Le groupe nous surprend enfin avec le dernier morceau qui faisait l’objet d’un split single sur le micro-label Hinah, avec les américains de Transmissionary Six. Voix grave qui semble provenir d’un vieux cabaret américain et petites notes éclatantes, entre l’univers de David Lynch et la BO de Bagdad Café.

Le disque est plaisant de bout en bout, lisse, sans accroc, propice à de douces rêveries, parfois empreint d’une légère nostalgie sans jamais s’y complaire. On regrettera juste un petit manque de relief sur ces plaines désertiques.

Fabrice ALLARD
le 12/08/2003

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