Ekkehard Ehlers

Politik Braucht Keinen Feind

(Staubgold / Chronowax)

 date de sortie

16/06/2003

 genre

Electronique

 style

Expérimental

 appréciation

 tags

Ekkehard Ehlers / Expérimental / Staubgold

 liens

Staubgold

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Ekkehard Ehlers s’est fait remarqué l’année dernière avec Plays, superbe album d’hommages divers sous forme de samples retravaillés, et d’une recomposition. Avec ce nouvel album il nous présente divers travaux composés entre 2000 et 2002, plus expérimentaux, à rapprocher de la musique d’avant-garde avec une première pièce en trois parties pour clarinette basse, puis une deuxième en quatre parties pour violoncelle. Le dernier morceau, plus ancien, est quant à lui une musique pour un spectacle de danse de William Forsythes.

Le premier morceau intitulé Mänder est peut-être le plus difficile d’accès, se rapprochant des musiques improvisées, avec des sonorités pleines de souffle. Les sons de clarinette sont parfois à peine reconnaissable, et comparable à un didgeridoo quand elles descendent dans les graves. L’ambiance générale, comme sur l’ensemble du disque est très calme, mais inquiétante avec ses léger drones ronronnants. Le jeu est toutefois contrasté avec de petites notes plus lumineuses, utilisant la stéréo pour envelopper l’auditeur de ces doux murmures.

Blind ensuite se décompose en quatre parties distinctes avec un son qui nous est plus familier puisque c’est le violoncelle qui est ici à l’honneur. Un collage de notes disparates forme un conglomérat abstrait d’où se détache petit à petit chaque instrument, s’échappant dans des glissandos un peu fous, incontrôlés ou incontrôlables, une folie qui va crescendo avec des notes qui se brouillent et forment un bourdonnement donnant l’impression d’entendre un essaim d’abeilles. Petit à petit le calme revient, avec un retour aux longues notes et aux glissandos imprévisibles.
La deuxième partie ne laisse aucune place au son de violoncelle tel qu’on est habitué à l’entendre. Ici c’est le corps de l’instrument qui est utilisé principalement, et l’archet qui semble donner des coups de partout, y compris sur les cordes pour former en fin de morceau une mélodie pointilliste.
La suite est un mélange de ces deux techniques, dégageant généralement une certaine tristesse, une tension, dans un style parfois proche du jazz improvisé, tout en utilisant régulièrement de petites phrases mélodiques qui servent de fil conducteur à l’auditeur.

Pour terminer, Woolf Phrase convaincra ceux qui étaient encore septiques jusque là. Une magnifique pièce minimaliste de plus de 20 minutes, des cordes mélancolique, une boucle se répétant à l’infini, un travail sur les harmoniques, et on sent dans cette répétition et ces oscillations que le compositeur atteint là la perfection. Un morceau qui évoque quelque chose d’infini, un équilibre à la fois stable et instable, un arrêt sur image en mouvement, quelque chose d’impossible que l’on s’évertue à vouloir réussir.

Un disque pas toujours facile, mais qui dévoilera de nombreuses richesses à qui fera l’effort de l’apprivoiser. La dernière pièce, un peu à part sur cet album, ravira quant à elle les fans de Gorecki. _

Fabrice ALLARD
le 21/08/2003

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