Bernhard Fleischmann

Welcome Tourist

(Morr Music / La Baleine)

 date de sortie

03/11/2003

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 tags

Bernhard Fleischmann / Electronica / Martin Siewert / Morr Music

 liens

Bernhard Fleischmann
Martin Siewert
Morr Music

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Pour son troisième album studio (son premier depuis trois ans et demi), Bernhard Fleischmann revient avec un disque hautement ambitieux : un double album avec un premier CD contenant onze morceaux et un second disque avec un seul titre de quarante-cinq minutes (comme pour son tout premier disque, la sortie se fait conjointement sur Morr et sur Charhizma, le label berlinois proposant la version double CD et la structure viennoise une version LP + 7" + CD !).

On débute en terrain connu : 02/00 est le morceau qui ouvre les concerts de l’autrichien depuis plus de deux ans avec sa rythmique en « vents électroniques » immédiatement accrocheuse, sa mélodie de piano et le sample de discours anti-gouvernemental. Ce titre, l’un des meilleurs du viennois, nous replonge donc tout de suite dans l’univers si attachant de Bernhard Fleischmann : mélodies soignées, beats minutieux et non agressifs et habiles constructions sonores. Cependant, on semble percevoir un travail plus poussé sur l’intégration de nouveaux instruments, là où le tout-électronique prédominait, dans ses albums précédents. Ce sont ainsi une batterie réelle, des instruments à vent (dont un saxophone joué par Christof Kurzmann, label manager de Charhzima) ou un véritable piano qui font leur apparition au milieu des rythmiques et sons digitaux à la variété toujours aussi foisonnante (belle gamme de grésillements, nappes granuleuses et élégantes). De fait, le résultat est double : l’atmosphère générale paraît moins doucereuse (on est bien loin des accusations de mièvrerie souvent faites aux disques Morr) et les morceaux gagnent en densité, en profondeur de champ.
Particulièrement varié, Welcome Tourist passe, par exemple, d’un titre d’à peine trois minutes, à la mélodie racée (Until the real thing comes along), à un morceau de quatre minutes trente où les textures saturées prennent le pas sur la mélopée (The Blessed). On regrettera toutefois que Bernhard Fleischmann ait succombé à la tentation du chant en proposant deux morceaux où Christof Kurzmann vient poser son timbre. Si l’autrichien ne s’en sort néanmoins pas trop mal et que leur positionnement en fin de disque évite d’avoir à se servir de la touche « skip » de notre télécommande, c’est plutôt le recours aux morceaux chantés qui nous semble discutable tellement cela semble être devenu un passage obligé.

Take your Time, la pièce unique qui constitue le second disque semble être un enregistrement en une seule prise d’un « bœuf » où Fleischmann est accompagné de quatre autres musiciens autrichiens (Werner Dafeldecker, Burkhard Stangl, Martin Siewert et, bien évidemment, Christof Kurzmann). Pendant que la mélodie principale se développe au piano, électronique, guitare, basse, clarinette, pedal steel et batterie se relaient dans un ensemble à la fois adroitement coordonné et subtilement improvisé. Nous offrant de splendides moments (le duo basse-vibraphone au bout d’une douzaine de minutes, la rencontre clarinette-guitare aérienne vers la moitié du titre), d’autres assez intéressants (le passage chanté par Kurzmann qui clôture plaisamment, dans une ambiance intensément mélancolique, le morceau) et d’autres plus anecdotiques, Take your Time témoigne, quoiqu’il en soit, de la singularité toujours vivace de Bernhard Fleischmann, voire de son caractère légèrement atypique.

François Bousquet
le 08/02/2004

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