V/A

Condominium

(Mousike Lab / Import)

 date de sortie

00/12/2004

 genre

Electronique

 style

 appréciation

 tags

DJ Vadim / Ether / Fm3 / Frame / Múm / Mondii / Mousike Lab / Populous / Retina.It / Tarwater / Velma

 liens

Múm
Tarwater
Velma
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Retina.It
Ether
DJ Vadim
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Mousike Lab

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Après deux albums d’artistes ayant fondés ce label (Resina et Retina.It), voici la première compilation du label italien. Le premier contact est plutôt agréable (digipack, jolie photo de couverture), mais le tracklisting qui figure au dos nous laisse un peu perplexe, donnant l’impression de ratisser assez large, avec bien sûr des artistes méconnus, mais aussi quelques figures largement reconnues que l’on n’imaginait pas retrouver ici, que ce soit DJ Vadim, Populous, Múm, Tarwater ou Velma.

Mais en fait on sera bien vite rassuré. Le tracklisting est cohérent et permet d’amener chaque artiste sans heurt, nous offrant quelques belles surprises.
On va parcourir l’album dans l’ordre proposé, et commencer par Mondii qui n’est autre que le fondateur des labels Plop et Spekk. Son Loif est à l’image de ces deux labels, à la fois frais avec ces petites notes aquatiques et minimal avec une boucle faisant penser à un tuba. Globalement doux et plaisant. Claudia Bonarelli n’est ni une femme, ni une italienne. Il s’agit d’un projet du scandinave Johan Fotmeijer que l’on retrouve chez Mitek, qui nous balance ici quelques bruitages épars et vaporeux sur un squelette on ne peut plus rigide. La première grosse surprise nous vient de Ether, collectif italien qui nous livre avec Contra une electronica mélodique épurée, avec rythmique de petits bruits secs, qui après un break purement mélodique, prend son envol et délivre toute sa force.

Certes, avec DJ Vadim, on change de tempo, mais on se laisse porter par son abstract hip-hop épuré et mélodique, où marimba côtoient quelques choeurs, et auquel un piano fracassé donne un charme particulier. Populous nous surprend fortement ensuite. N’ayant pas vraiment entendu d’éloge de ce jeune artiste italien ayant sorti un album chez Morr Music, The Green Guitars est peut-être le signe d’un changement que l’on suivra avec la sortie prochaine de son deuxième album. Toujours est-il que ce mélange de bruitages fracturés, d’électronique lumineuse, de guitare acoustique et de vocaux hip-hop se révèle fort séduisant et original.
On passera rapidement sur Slicker qui remixe un morceau de l’album de Resina avec une basse acide un peu trop présente et répétitive, provocant une certaine lassitude. On ne s’étendra pas non plus sur Múm dont on retrouve ici la face B de leur dernier single, écrasant la finesse de leurs anciennes compositions par de grasses guitares.

La deuxième moitié du disque est tout de même un peu moins excitante. Modern Institute joue la carte de l’épure en posant sa guitare sur des gargouillis électro-aquatiques, et Frame, dont l’album sortira prochainement sur le label italien, évite les mélodies accrocheuses mais fait quelques erreurs avec ce pseudo ensemble de cordes sortant d’un clavier un peu kitsch. Si Retina.It a décidé de nous surprendre, c’est réussi, avec un morceau ultra-rythmique superposant les coups métalliques, un accompagnement de basse et quelques voix étouffées. Ne pas se fier à ce morceau qui n’est pas du tout représentatif du style et de la qualité du duo italien. Dans la catégorie inclassable, confirmant la surprise que l’on a à les trouver ici, Velma nous la joue pop épurée, avec guitare légère et voix douce et feutrée.

Mais revenons à l’électronique avec Tadd Mullinix et un Shaven Glass qui n’est pas un inédit, mais qui connaît cet artiste signé chez Ghostly International ? Sonorités acoustiques subissant des traitements numériques, son clair et glitchs, de la musique classique maltraitée par un laptop. Pentole & Computer est un duo italien dans lequel on retrouve Marco Messina de Resina. Avec Gennaro De Rosa ils mêlent électronique et acoustique sur des field recordings d’ambiance de rue pour un mélange très "world music".
Pour finir on saluera le retour de Tarwater avec un très beau morceau qui nous permet de retrouver leurs ambiances un peu glauques, cette fois subtilement rythmées avec un joli jeu entre basse et charley.

Une compilation globalement très réussie, permettant de faire quelques très belles découvertes, à l’image de l’extraordinaire morceau de clôture, composé par les chinois de Fm3 que l’on pouvait déjà découvrir sur la compilation Bip_Hop Generation vol.7. Pendant plus de cinq minutes un drone inquiétant s’éveille et s’éteint, laissant entre temps l’auditeur seul avec de longs silences.

Fabrice ALLARD
le 05/03/2005

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