Flotel

Wooden Beard

(Expanding Records / La Baleine)

 date de sortie

02/05/2005

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 tags

Electronica / Expanding Records / Flotel

 liens

Expanding Records

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Depuis un an et demi que l’on suit la brillante trajectoire de Flotel (via son fabuleux 7" sur Expanding puis ses deux très convaincants disques suivants : un 12" sur Arable et une participation à la série Residents Association de Cactus Island Recordings), on a déjà pu se faire une très bonne opinion de Leigh Toro. L’épreuve du long-format, fort attendue, ne devrait, par conséquent, qu’être concluante.

Comme les disques précédents nous l’avaient laissé entrevoir, ce n’est pas tellement dans l’élaboration des mélodies que l’Anglais brille (même si les siennes sont agréables, elles ne sont jamais aussi accrocheuses que ce que peuvent faire certains de ses compagnons de labels ; à ce titre, son premier single, Bowd, était plutôt trompeur, nous offrant une implacable ritournelle), c’est plutôt dans la tessiture des notes utilisées que Leigh Toro fait merveille. Donnant l’impression de flotter, comme posées sur un coussin d’air sonore, celles-ci bénéficient, en effet, d’un travail formel particulièrement impressionnant qui confère à la musique de Flotel un caractère immédiatement reconnaissable. Réussissant le pari d’être à la fois profondément oniriques (ambiance insouciante assumée) et, dans le même temps, résolument urbaines (consonances métalliques éparses), les productions du natif de Nottingham se veulent aussi bien des incitations à la rêverie bucolique que la résultante d’errances citadines.

Pas forcément évident d’accès pour un disque d’electronica mélodique, Wooden Beard nécessite une écoute très attentive afin d’en percevoir toutes les sonorités, d’en déceler les moindres inflexions, d’en explorer l’ensemble des recoins et d’en discerner l’intégralité des éléments ; au reste, ses douze plages sont peu aisément dissociables les unes des autres et témoignent d’une belle homogénéité. Ainsi, il est très délicat d’en mettre l’une ou l’autre en exergue tant elles semblent former un tout, un ensemble à l’architecture impeccable où les notes tombant comme des gouttes de pluie se posent sur des séquences rythmiques épurées à l’extrême (deux coups de batterie synthétique, une micro-suite de glitchs, trois grésillements). Dès lors, l’album s’écoule suavement, s’insinuant en nous au fil des minutes jusqu’à totalement nous pénétrer pour parvenir aux deux derniers titres aux structures plus denses et à l’instrumentation plus riche (notamment le morceau-titre où point la clarinette de Morgan Caney). On ressort de ce disque serein et paisible tout en constatant notre difficulté à véritablement traduire en mots les délectables sensations éprouvées à l’écoute de cet album ; du coup, on espère que cela ne constituera pas un frein à la découverte de Wooden Beard et de l’univers de Flotel, de manière plus générale.

François Bousquet
le 03/05/2005

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