The Lappetites

Before The Libretto

(Quecksilber / La Baleine)

 date de sortie

17/10/2005

 genre

Electronique

 style

Expérimental

 appréciation

 tags

AGF / Eliane Radigue / Expérimental / Kaffe Matthews / Lappetites / Quecksilber / Ryo Co

 liens

Kaffe Matthews
Lappetites
Eliane Radigue
AGF
Quecksilber

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Le voici enfin, le premier album des Lappetites dont on a déjà parlé à plusieurs reprises sur ce site (interview d’AGF, concert du quatuor aux Voûtes). C’est donc chez Quecksilber qu’on les retrouve avec un album étonnant, ou du moins inattendu...

On va tout de même rapidement revenir sur cette formation de "girl laptop band", projet initié par l’anglaise Kaffe Matthews. On trouve avec elle, et de la même génération, l’Est-Allemande Antye Greie dont on ne compte plus le nombre d’articles sur ces pages sous le nom de AGF, et Ryoko Kawajima dont nous avons également déjà parlé sous son pseudo Ryo Co. Pour le travail de chacune de ces artistes, on vous renvoie vers les articles connexes. La quatrième membre du groupe pourra surprendre puisqu’il s’agit d’une grande dame de la musique contemporaine française. Il s’agit en effet d’Eliane Radigue, élève de Pierre Henry et Pierre Schaeffer, mais qui a su trouver sa propre voie, essaimant son travail, très recherché, sur des labels tels que Experimental Intermedia ou Table of the Elements pour ne citer que ces oeuvres les plus connues, respectivement La Trilogie de la Mort et Adnos I-III.

On ne s’attendait pas pour cet album à un travail sur le langage, logiquement illustré par 4 langues sur la pochette. Bien sûr AGF est une habituée dans ce domaine, mais ses comparses se voient ici attribuer un nouvel emploi. Attention, il ne s’agit pas pour autant d’un album de chansons, loin s’en faut, de même que toutes les pièces ne font pas appel à des parties vocales. L’album se partage entre des expérimentations-improvisations laptopesques, souvent assez abstraites, construites selon une lente évolution (le très beau Disaster), ou purement ambient avec Funeral qui, avec ses 8 minutes s’avère être un très long morceau comparé au reste de l’album. Sifflements, craquements, grésillements, souffles, drones, bleeps ou longues tonalités sont les principales composantes de ces pièces.
La voix ensuite fait l’objet d’un travail très particulier, l’objet de toutes les expérimentations, à tel point qu’au sortir de l’album, on se dit que les Lappetites se sont donné un seul mot d’ordre : fuir tout code, échapper à toute logique, créer, faire du neuf avec ce peut être considéré historiquement comme le plus vieil instrument de musique. On trouve alors du spoken word sur lequel on reconnaît facilement AGF qui s’oppose à un chant d’opéra sur l’étonnant Birken, des mots répétés comme dans une classe d’apprentissage d’une langue étrangère (Tzungentwist), à la fois des chants enfantins abstraits et de superbes comptines plus assurées (My Within), une voix narrative inquiétante sur les souffles glacés de Stop no. 394 Falkirk Street, un chant japonais aux consonances très world (Aikokuka), des accents étranges (Prologue), et la volonté d’inventer un chant différent sur le très doux Birthday Mister.

Before the Libretto est un disque surprenant, et donc intéressant. De très bonnes idées, des morceaux franchement magnifiques alors que l’on est tout de même en pleine expérimentation. Peut-être est-ce ici la sensibilité féminine qui transparaît. On regrettera toutefois un certain manque de cohérence, cette impression que les quatre artistes partent un peu dans tous les sens, oubliant alors d’apporter un réel propos.

Fabrice ALLARD
le 24/01/2006

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