I’m Not A Gun

We Think As Instruments

(City Centre Offices / La Baleine)

 date de sortie

17/04/2006

 genre

Rock

 style

Post-Rock

 appréciation

 tags

City Centre Offices / I’m Not a Gun / Post-Rock / Takeshi Nishimoto

 liens

City Centre Offices
Takeshi Nishimoto

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Proposant régulièrement (tous les 18 mois environ) un nouvel album, le duo I’m Not A Gun en est à son troisième avec We Think As Instruments. Nouvelle occasion donc de retrouver le post-rock électronisé de John Tejada et Takeshi Nishimito.

Comme dans les long-formats précédents, les déliés de guitares aux consonances jazzy côtoient de petites notes électroniques, le tout étant structuré par une section rythmique plus proche du post-rock. Élargissant encore leur champ instrumental organique (via le sarod, instrument traditionnel de l’Inde du Nord, ou une guitare acoustique à sept cordes, fabriquée pour l’occasion par Nishimito), les musiciens entreprennent également, dans ce nouvel album, d’ouvrir leur appareillage électronique à des rythmiques minimal techno (Move), des petits cliquetis (Unseen Moment) ou des pulsations micro-dub (As Far As Forever Goes). Au niveau des guitares, on oscille entre des accords étouffés façon jazz et des mélodies légèrement réverbérées façon post-rock (Long Afternoon), voire les deux mêlés (Unseen Moment).

Produisant ainsi une musique plus riche, I’m Not A Gun parvient alors au stade de la maturité après deux disques où subsistaient quelques petites tares mais dans lesquels on percevait une faculté à proposer un disque aussi cohérent que celui-ci. Au surplus, il faut mettre au crédit des musiciens une constante volonté de ne pas trop en faire, sachant limiter les soli de guitares à leur strict minimum (sauf dans le dernier tiers de As Far As Forever Goes) alors que la tentation était grande, et ils y avaient parfois succombé par le passé, à enchaîner les passages de « bravoure ». De la même manière, on saluera le désir de jouer sur une certaine dimension onirique (des intitulés de la majeure partie des morceaux - Soft rain in the Spring, Ripples in the Water, Blue Garden, Continuous Sky - à la pochette) sans en rajouter dans le côté « samples de gazouillis d’oiseaux et d’eau qui coule ».

Une véritable réussite donc que ce We Think As Instruments, qui prouve une nouvelle fois (après le Vertigo II de Dictaphone) que des premiers albums mal dégrossis peuvent laisser ensuite place à des disques bien plus intéressants.

François Bousquet
le 18/05/2006

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