Phelan Sheppard

Harp’s Old Master

(Leaf / PIAS)

 date de sortie

25/09/2006

 genre

Rock

 style

Ambient / Pop / Post-Rock

 appréciation

 tags

Ambient / David John Sheppard / Leaf / Phelan Sheppard / Pop / Post-Rock

 liens

Phelan Sheppard
Leaf
David John Sheppard

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En dehors de leurs très convaincants albums avec Jon Steele sous le nom State River Widening, Keiron Phelan et David Sheppard proposent également des disques en duo. Après un premier sorti sur Rocket Girl en 2002 (O, Little Stars), voici donc le second, sur Leaf cette fois-ci.

On retrouve sur Harp’s Old Master le goût des Anglais pour ces mélodies aux allures de cavalcade jouées par des guitares emballantes (Broken in the Wrong Places). S’ouvrant à plus de mélancolie que sur les disques de State River Widening, Phelan et Sheppard ont pour ce faire convier les cordes de Josh Hillman, habituel collaborateur de Willard Grant Conspiracy. Enveloppant avec grâce les guitares, rejointes par la trompette de Guy Fixsen (de Laïka), ces cordes donnent donc plus de profondeur à la musique du duo, tout en lui permettant d’alterner titres enlevés et morceaux plus introspectifs (Oriental Star).

Pour autant, on est un peu déçu à l’écoute de cet album. En effet, ce ne sont pas tant les mélodies, moins abouties que chez State River Widening, qui nous donnent cette impression mais la gamme chromatique utilisée par les Anglais qui évoluent, sur ce disque, dans un registre moins boisé pour lui préférer des harmonies plus lumineuses. N’ayant rien contre ces dernières dans l’absolu, on déplore pourtant ici leur emploi car elles entraînent une forme de distanciation avec l’auditeur, forçant trop leur caractère légèrement aérien et évanescent et accentuant cette dimension volatile qui fait qu’on n’arrive pas à pleinement saisir la musique ainsi produite. Au reste, l’apport que constitue la voix d’Ines Naranjo, parlant sur Collapsing Cat et Anuncios Perfumados, participe également de ce sentiment en donnant là encore l’impression d’être extérieur au propos.

Ainsi touche-t-on au principal écueil d’un disque qui nous a laissé sur son seuil, dans lequel nous ne sommes pas véritablement parvenu à rentrer (à quelques exceptions près comme le probant Water Clock, mettant aux prises, comme par hasard, une guitare acoustique au son plus "brut"). Un album qui ne remet donc nullement en cause les capacités de Keiron Phelan et David Sheppard (le dernier titre, Lady Never City, qui croise très agréablement arpège de guitare classique et vocalises éthérées et traitées laisse, qui plus est, quelques regrets permettant d’entrevoir ce qui aurait pu être un album réussi), mais qui appelle toutefois un sursaut pour leur prochain effort.

François Bousquet
le 28/10/2006

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