Festival Musique Action 2002 : Formanex - AMM - Barre Phillips - BTMZ - Phosphor

 date du concert

19/05/2002

 salle

Centre Culturel André Malraux,
Vandoeuvres-les-Nancy

 tags

AMM / Barre Phillips / BTMZ / Centre Culturel André Malraux / Festival Musique Action 2002 / Formanex / Phosphor

 liens

 dans la même rubrique
15/09/2016
Quentin Sirjacq
(Maison Rouge)
05/09/2016
Chris Watson
(Fondation Cartier)
24/08/2016
Spring.Fall.Sea
(Pop In)
14/07/2016
Concert-surprise
(Blockhaus DY10)

Départ Gare de l’Est tôt le dimanche matin. A notre arrivée, nous faisons un tour de la ville déserte, on trouve difficilement un endroit où manger, puis on repère les lignes de bus pour aller à Vandoeuvres où a lieu le festival. Le premier contact est assez morne. Le centre André Malraux est par contre plus accueillant.
Le premier concert est la rencontre de Isabelle Duthoit (clarinette) avec Alexander Frangenheim (violoncelle) et Rhodri Davies (harpe). Mis à part ce dernier qui utilise divers objets qu’il insère entre les cordes pour obtenir de nouvelles vibrations et sonorités, nous restons plutôt sur notre faim.

Puis ce qui s’annonce comme un des événements du festival, l’interprétation de plusieurs pages de Treatise, la partition graphique de Cornelius Cardew, par d’une part Formanex, formation électronique qui s’est spécialisée dans l’interprétation de cette pièce, et d’autre part AMM, compagnons de route de Cardew dans les années 60. Première surprise, pas d’improvisation groupée, chaque ensemble reste dans son schéma habituel. C’est Formanex qui commence, à base de larsens, de theremin et d’ordinateur, pour une musique qui évolue lentement, jusqu’à produire des murs du son.
La deuxième partie est jouée par les trois membres d’AMM (piano, percussions et guitare) accompagnés de John White (membre du Scratch Orchestra avec Cardew, utilisant des objets électroniques). La rencontre ne se fait pas, les sons de White nous paraissent trop saillants et volontaires par rapport à la musique en retenue des trois autres. Un troisième morceau est l’occasion de voir enfin tout le monde jouer ensemble.
Si le concert n’était pas désagréable, il laisse cependant l’impression de n’être qu’un échantillon de la musique de chacun, et il nous tarde de voir AMM pour un vrai concert.

En intermède avant le prochain concert a lieu une performance de Baulieu, cinq musiciens (guitare, machines électroniques...) répartis à différents endroits du centre André Malraux, jouant en solo, et dont la musique est retransmise par cinq haut-parleurs dans la salle des fêtes, où le public (qui se balade de l’un à l’autre) peut entendre le mélange des musiques jouées. Étonnamment, dans un domaine (l’improvisation) où l’écoute des autres musiciens contribue à la réussite du concert, le résultat sonne très bien.
Retour dans l’auditorium pour le concert de Phosphor, octet berlinois dont on a déjà pu voir des membres en plus petites formations par ici : Annette Krebs, Andrea Neumann, Axel Dorner ou encore Ignaz Schick et Burkhard Beins membres du groupe Perlonex qui avait joué aux Instants Chavirés il y a deux ans. C’est la bonne surprise du festival. Tout d’abord pour le mélange de sons d’instruments acoustiques avec le gros souffle de l’amplification : on peut suivre le son dans toutes ses étapes, de sa création dans un cuivre ou une guitare acoustique jusqu’aux traitements que lui font subir Schick et Dorner. Ensuite pour les alliances qui se créent à l’intérieur du groupe, un bruit de percussion qui fait réagir le guitariste, le motif étant ensuite modifié électroniquement. C’est donc un paysage sans cesse mouvant de trajectoires du son qui s’offre à écouter.

Ensuite : Barre Phillips (contrebasse) et Joe Maneri (saxophones, piano) avec son fils Mat Maneri au violon. Le concert du début du mois de mai aux Instants reste un excellent souvenir, pour l’échange constant entre Phillips et un Joe Maneri toussant et braillant autant qu’il souffle dans ses instruments.
Le premier morceau ne nous surprend plus de la même façon, et on commence à craindre d’avoir magnifié le souvenir du précédent concert. Puis Barre Phillips annonce une "jolie surprise", et une danseuse vient les rejoindre sur scène pour un court morceau. Même si la performance n’est pas mémorable, cela a au moins le mérite de nous réveiller, et de relancer notre intérêt pour la suite du concert. Et l’on retrouve ce que l’on avait déjà apprécié. Deux musiciens dont le jeu semble trouver ses racines dans la violence du free jazz, et qui a plus de 70 ans, s’ils n’ont plus la même force, n’en ont pas moins cherché à radicaliser leur son en l’emmenant à ses limites, dans une optique plus proche de la free music européenne.

On fait une pause avant le prochain concert qui nous intéresse, pour flâner à la boutique Metamkine, qui a fait le déplacement depuis l’Isère, et pour manger. Ce qui nous donne l’occasion d’apprécier l’excellente organisation du festival.
Enfin, c’est BTMZ qui joue dans la salle des fêtes située sous le centre André Malraux, soit Hans Burgener et Carlos Zingaro au violon, et Gunter Muller et Richard Teitelbaum aux traitements électroniques. Le concert n’est pas désagréable, mais est-ce l’heure tardive, ou la scène haute empêchant de bien voir ce qui se passe sur scène, on est moins emballé que pour les précédents concerts.

Bertrand Le Saux, Soizig Le Calvez
le 07/06/2002

À lire également

20/05/2002
Festival Musique Action
(Centre Culturel André)
11/02/2006
Festival FatCat 2006 (...)
(België)