Art Rock’07 : Ryoichi Kurokawa + Do Make Say Think

 date du concert

26/05/2007

 salle

Petit Théâtre,
Saint Brieuc

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Do Make Say Think / Festival Art Rock / Petit Théâtre / Ryoichi Kurokawa

 liens

Do Make Say Think
Ryoichi Kurokawa
Petit Théâtre
Festival Art Rock

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Art Rock est une bonne façon de démarrer la saison des festivals. Il a lieu en plein centre ville, ce qui assure une transition en douceur avec la fête de la galette-saucisse. Alors bien sûr les commerçants râlent pour leur baisse de chiffre d’affaire, mais le programme a le bon goût de s’adresser à tout le reste de la population, en proposant du rock’n’roll de midinette pour les jeunes, du théâtre de rue pour leurs parents (la Fura del Baus et la compagnie Royal de Luxe ont fait leurs premières armes ici), et de l’art électronique multimédia pour ceux qui aiment bien se faire mousser avec la culture. L’ambiance est plutôt bonne, avec parmi les plus, le choix de servir au bar une bière rousse locale, et les moins une gestion des entrées qui confond le public avec du bétail. L’un des lieux du festival, le petit théâtre, est un des joyaux cachés de Saint-Brieuc. C’est un théâtre à l’italienne (avec des loges, des dorures et un lustre) au format miniature ce qui lui confère le charme d’un écrin à bijoux. Les Rita Mitsouko y étaient en résidence toute la semaine, mais ce soir-là, ils avaient laissé la place à des concerts.

Ryoichi Kurokawa est un jeune japonais qui évolue à l’interface des mondes de l’art contemporain, du design graphique et de la musique électronique. Si l’on voulait tenter le jeu des rapprochements, on le mettrait dans une galaxie proche de Yoshihiro Hanno ou Aoki Takamasa. Il oeuvre sur une scène plongée dans le noir, seulement éclairé par la lumière blafarde de l’ordinateur qu’il manipule, et des images sont projetées sur deux écrans contigüs derrière lui. La musique joue sur les contrastes, par exemple des volumes très forts qui laissent soudainement place à un vide tout aussi assourdissant. Les sons choisis ne sont pas "jolis", la beauté de cette composition numérique vient plutôt des textures créées et de la versatilité qu’autorise le collage. Surtout, les sons évoluent en même temps que les graphiques en fond de scène, des lignes brisées qui s’entrecroisent, pour un résultat similaire (mais plus riche) que ce que peut faire Alva Noto avec ses nuages de points.

Do Make Say Think installe ensuite son matériel en quelques instants. Ce groupe a un gros atout, c’est le nombre de musiciens qui le composent. D’abord, deux batteurs, cela fournit de solides fondations aux morceaux, même s’il arrive que l’un d’eux se repose. Et puis il y a une floppée d’instruments mélodiques. Quand ils se mettent tous en rang d’oignon sur le devant de la scène, ça fait son petit effet. Sur la droite de la scène se trouvent les instruments à vent, saxo et trompette, sur la gauche les cordes, en finissant par la violoniste Julie Penner (transfuge de Broken Social Scene) et le guitariste Justin Small. Dans les différentes strates qui composent la musique de DMST, ce sont souvent les riffs distordus de ce dernier qui surnagent, apportant un peu de surprise bienvenue. Mais le gros de la musique, c’est l’amoncellement des nappes des autres musiciens. Chacun ne fait pas grand chose, mais l’ensemble est plus qu’entraînant. Ils tirent parti de toutes les possibilités de leur nombre, par exemple en multipliant les breaks où seul un d’entre eux continue sa ligne mélodique, avant de reprendre de concert. Do Make Say Think, c’est une ode permanente au plaisir de jouer ensemble. Parfois ils en abusent (les choeurs qui démarrent le set par exemple, un peu trop de "lalala" complaisants), mais leur plaisir étant communicatif, on ne va pas le leur reprocher.

Bertrand Le Saux, Soizig Le Calvez
le 01/06/2007

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