Yehlin Lee / Goh Lee Kwang / Elekore

 date du concert

12/06/2007

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

 tags

Elekore / Goh Lee Kwang / Instants Chavirés / One Man Nation / Yehlin Lee

 liens

Instants Chavirés
Elekore
Yehlin Lee
Goh Lee Kwang
One Man Nation

Toujours à la pointe des musiques expérimentales venues des quatres coins du monde, l’association Kokeko s’intéresse aujourd’hui à la scène musicale asiatique. Si en musiques électroniques on n’est largement abreuvé d’artistes japonais, ce soir ce sont plutôt Taiwan, la Malaisie et Singapour qui sont à l’honneur, avec trois projets musicaux très différents.

En guise d’apéritif, un film est projeté, mettant en scène quelques artistes de la scène expérimentale vietnamienne. Une sorte de fête, peut-être un festival, improvisations au coin du feu, chiens errants, sur une musique qui trouve aisément sa place.

La salle est en configuration assise avec les chaises disposées devant la scène. C’est donc l’écoute studieuse qui sera de mise, tout du moins sur la première partie de soirée.
Goh Lee Kwang débute avec un set bien plus varié (ou moins monotone) que ce a quoi on pouvais s’attendre après avoir écouté quelques titre sur le net. Crépitements électroniques, craquements comme si vous frottiez un ballon de baudruche humide, cassure pour passer à des crissements faisant penser à un bruit de vent/souffle électronique, quelques scrcchhhhh et scrouitch pour rythmer le tout, augmentation de la densité de ces bruitages pour obtenir une texture linéaire, comme un essaim d’abeilles, frôlant le bruitisme sur la fin.
Avec seulement quelques éléments, Goh Lee Kwang s’est construit tout un vocabulaire. Joli set d’à peine un quart d’heure, assez tendu pour ne jamais lasser. Excellente surprise.

Très courte pause et on enchaîne avec Yehlin Lee qui oeuvre plutôt dans le domaine des field recordings, collages sonores et musique électroacoustique. Ambiance de rue tout d’abord, certainement chez lui à Taiwan, klaxons, gens qui parlent, puis début d’un feu d’artifice. Les crépitements et sifflements de fusées sont retraités et dédoublés pour former une énorme texture bruitiste avant de retourner dans les rues animées. À partir de là son set sera plus orienté traitement du son que collage de field recordings. Jeu de filtres, mélange de textures, sculptures sonores de toute beauté, les éléments semblent se déchaîner devant nous avec une certaine gravité. Ambient extatique, tempête de sable, hautes fréquences et vrombissement de basses, flore en mouvement, faune frétillante, cordes orchestrales qui déraillent.
Subtile, fin, riche. Magnifique.

Pause plus longue, et changement de configuration pour le dernier concert. Fini les chaises et quand on rentre de nouveau dans la salle, Elekore est déjà sur scène. Il s’agit d’un duo composé de C-Drik, reconnu surtout dans la scène électro-indus, mais qui possède un rayon d’action assez large (de l’electroacoustique au breakcore) et Marcos Destructos, proche de la scène punk de Singapour, au chant. Le premier est sur scène derrière son laptop, le second dans la fosse, se jette de partout et criant dans son micro. Musicalement ça débute de manière très électro-indus avec rythmique syncopée, puis le duo virera plus franchement vers le breakcore. Par deux fois, C-Drik jouera seul dans un style assez différent. Indus minimale, percutante et destructurée, sonorités saturées, bruitages durs, cassures rythmiques, et importance des silences. Au niveau du chant, anti-capitalisme et extinction de l’humanité sont au programme, et au milieu de tout ça, un titre dédié à notre nouveau président... Un peu décalé aux Instants Chavirés et après deux concerts plus "cérébraux" et du coup, jolie surprise !

Fabrice ALLARD
le 22/07/2007

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