Siestes Electroniques 2007 : Charlemagne Palestine / Sébastien Tellier

 date du concert

29/06/2007

 salle

Cour de la DRAC,
Toulouse

 tags

Charlemagne Palestine / Cour de la DRAC / Festival des Siestes Electroniques 2007 / Sébastien Tellier

 liens

Charlemagne Palestine
Festival des Siestes Electroniques 2007
Sébastien Tellier

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Troisième soirée du festival, et dernière soirée dans la cour de la DRAC. Après les expérimentateurs électroniques mercredi et les bricoleurs jeudi, en ce vendredi ce sont deux gentils fous qui sont à l’affiche dans des registres très différents.

Classique contemporain tout d’abord avec Charlemagne Palestine, grand nom des musiques répétitives (pour ne pas utiliser le terme minimaliste) influencé par la culture indonésienne tout comme un Terry Riley. Ayant déjà vu Charlemagne Parlestine en concert, on retrouvera ici le personnage haut en couleurs, au sens figuré comme au sens propre avec sa chemisette "Mambo Puppies", son bermuda de plage, ses chaussettes bariolées, ses rituels comme ces peluches qu’il expose devant son piano, son verre de Cognac qu’il se sert et commence à déguster en nous expliquant ce qu’il va jouer.
C’est là que les choses se compliquent. Avec un concert en plein air, dans une cours fermée comprenant un bar, une partie du public parle et les murmures parviennent jusqu’à la scène... Il nous explique que sa musique est fragile et que s’il y a du bruit elle ne "fonctionnera" pas, qu’il ne peut pas commencer son live si les gens parlent à ce point. Il a l’air embêté de demander au public de se taire, se fait compréhensif et garde son humour : "c’est vrai qu’il y a un belle buvette, et moi aussi j’aime bien boire mais...", ou plus tard alors qu’il commence à jouer, des oiseaux passent dans le ciel en piaillant : "les hirondelles sont autorisées !!".
Finalement le concert peut débuter. Charlemagne Palestine a bientôt fini son verre de Cognac, il passe son doigt autour du verre pour provoquer un sifflement, et joue deux notes. Silence, nouvelle gorgée de Cognac, et les deux mêmes notes. Comme un échauffement, il répète la formule, se concentre. Minimalisme extrême, pureté du son, instant magique. Et puis ces deux notes se répètent indéfiniment, d’autres notes s’intercalent, répétitives, mais sources de mélodies. Le tempo quant à lui subit de fortes accélérations et des retours au calme. Vu dans son ensemble, la musique de Charlemagne Palestine est comparable à une peinture impressionniste, faite de petites touches répétées, et d’autres qui varient pour apporter toutes les nuances de couleurs. Les pastels du débuts se font de plus en plus vifs, les contrastes plus marqués, le ton est de plus en plus grave, et surprise, l’artiste se met à chanter un chant proche du grognement mélodiques en accord parfait avec sa musique. Et puis alors que la musique se fait plus calme, ce sont les murmures du public, au fond de la cour qui nous parviennent. Charlemagne Palestine s’arrête de jouer et dans son micro il imite les murmures. Fin de concert un peu précipitée mais superbe morceau qui nous permis de découvrir une autre part de son travail.

Changement de registre ensuite avec le Français Sébastien Tellier, tête de pont du label Record Makers, trois albums a son actif, et une renommée peut-être facilitée par ses premières parties sur une tournée de Air, sa participation à la BO de Lost in Translation, mais sans aucun doute grâce aussi à un talent indéniable.
Ne connaissant pas cet artiste assez éloigné de notre ligne éditorial, on le découvre sur scène, et on ne sait comment prendre la chose. Sur scène, il arrive accompagné de Pamelia Kurstin au Théremin et Simon Dalmais au piano, et se contente du chant sur le premier titre. Le chant est plutôt appliqué, mais la posture maniérée, pour cette chanson pop dont l’intérêt résidera principalement dans la prestation de Pamelia au Théremin. Quand Sébastien Tellier se met à parler, on cerne un peu mieux le personnage, puisqu’à chaque fois qu’il s’adresse au public, c’est pour déconner. Humour facile mais efficace (comme sa musique ?), sans jamais être lourd. Tout au long de son set on verra un artiste extrêmement décontracté, simple, ne se prenant pas au sérieux, qui se veut proche de son public, donnant l’impression de faire sa musique un peu par dessus la jambe, mais tout en restant très propre dans l’exécution de ses titres. C’est aussi un véritable artiste, s’adaptant aux situations imprévues (jouant avec un larsen), improvisant avec les éléments, mais faisant aussi un peu ce qui lui passe par la tête sans penser aux conséquences (il saute sur un gobelet en plastique qui traîne sur la scène à la fin d’un refrain, ses deux comparses se demandent ce qui se passent, s’arrêtent de jouer, et tout le monde applaudit croyant qu’il s’agit de la fin de la chanson alors qu’il restait un couplet...). Sa prestation est souvent proche de la caricature, en particulier sur des reprises comme le Dolce Vita de Christophe.
La facilité qu’il a à capter son public, son aisance sur scène, une voix magnifique et parfaitement utilisée, c’est sûr, Sébastien Tellier peut énerver, mais les mauvaises langues seront en fait les jaloux qui envient son talent.

Fabrice ALLARD
le 30/06/2007

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