Andrew Liles / Zenial

 date du concert

27/10/2007

 salle

Les Voûtes,
Paris

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Andrew Liles / Les Voûtes / Vultures Musick / Zenial

 liens

Les Voûtes
Zenial
Andrew Liles
Vultures Musick

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Nouvelle soirée organisée par VulturesMusick, un peu spécialisés dans les side-projects et collaborations tournant autour de Current93 ou Nurse With Wound. Nous étions à l’un de leurs concerts pour la première fois en septembre dernier à la péniche El Alamein où nous avons pu voir un chouette concert de Julia Kent (violoncelle solo), una artiste ayant travaillé entre autres avec Ultra Vivid Scene, Anthony and the Johnsons, ou encore Current93). Ce soir la tête d’affiche était Andrew Liles que l’on ne connaissait pas. En effet, on se déplaçait principalement pour revoir Zenial, artiste polonais découvert voici deux ans lors des soirées Les Mystères de l’Est organisées par In Famous et Kokeko.

C’est vers 21h que Zenial (Lukasz A. Szalankiewicz) prend place derrière ses machines. Électronique au premier plan, drone tournoyant pour commencer, la musique de Zenial joue beaucoup sur l’hypnotisme, que ce soit par l’utilisation de drones ondulants ou d’une électronique plus marquée, flirtant avec une techno minimale, assez binaire, répétitive. On appréciera justement ce contraste, ces deux manières apparemment opposées d’amener au même état d’esprit. Pour autant le Polonais ne se cantonne pas à cette vision aussi manichéenne de la musique. Régulièrement, il travaille sur les collages sonores, intégrant principalement des samples d’ondes radios, captations sonores, tuner voyageant dans le temps, à la recherche d’anciennes émissions radiophoniques, chants populaires, et autres guitares jazz. On n’oublie pas non plus qu’hypnotisme ne signifie pas forcément ambient, et les drones se transforment parfois en textures bruitiste derrière des vibrations mécaniques. En fond de scène, projection de visuels plutôt réussis, superpositions d’images un peu floues, leur donnant l’impression de provenir d’une autre époque.
Un concert peut-être un peu long (environ 50 minutes), mais on a eu plaisir à retrouver Zenial dont on n’hésitera pas à suivre les travaux.

On enchaîne donc avec Andrew Liles, dans l’obscurité complète, muni d’une petite lampe pour surveiller ses machines, et à peine éclairé par les projections, vaporeuses et mystérieuses. On est tout d’abord un peu surpris par l’intro de choeurs mystiques, joli mais tellement cliché, jusqu’à une interruption brutale de percussions métalliques. Entre ésotérisme goth et indus, le tout arrangé façon musique ambient et expérimentations électroniques, guère de surprises musicales pendant ce set alors que l’on ne connaissait que vaguement l’artiste de part son background musical. On ne boudera tout de même pas notre plaisir, l’ensemble est assez immédiat tout en étant éclectique (on devine l’étendue de la culture musicale de l’artiste), alliant électronique et chants mystiques, et travaillant toujours sur l’hypnotisme. Dans le même ordre d’idée, on aura tendance à rester scotché sur les visuels. Peu de mouvements, mais des images intrigantes, comme ce mélange de flammes et fumées qui semblait dessiner un couple, flou, aux mouvements lents, comme deux fantômes.
Le concert nous paraîtra extrêmement court, bien trop court, certainement un signe que nous avons été réellement emporté par cet univers. La deuxième partie sera quant à elle vraiment courte, et verra Andrew Liles rejoint par Jac Berrocal, apparemment pas dans un état tout à fait normal. Ses improvisations de trompettes tombent comme un cheveu sur la soupe et nous permet de souligner que la musique d’Andrew Liles se suffit à elle même.

Au final, plutôt une très bonne soirée, et une affiche en fin de compte extrêmement cohérente, avec deux artistes qui travaillent avec des palettes sonores similaires et une même manière de capter leur public, avec pour chacun une manière bien personnelle d’agencer ses composantes.

Fabrice ALLARD
le 01/11/2007

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