Infamous Labels 24 : Orthlorng Musork avec Discom - AGF - Timeblind

 date du concert

04/07/2002

 salle

Batofar,
Paris

 tags

AGF / Batofar / Discom / Timeblind

 liens

AGF
Batofar

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Rendez-vous mensuel au Batofar pour découvrir un nouveau label présenté lors des soirées Infamous Labels. Ce soir c’est le label Orthlorng Musork qui est à l’honneur, une sorte de pont entre l’Europe et les USA où il est basé, fondé par Kit Clayton que l’on retrouve régulièrement aux côtés de Pole : sorties sur  scape, et remix sur R, le dernier album de Stefan Betke.

En guise de première partie, des projections de courts métrages assurées par Light Cone. On prendra en cours de route Jazz of Lights de Ian Hugo, déambulations dans une ville avec arrêts réguliers sur des enseignes lumineuses qui mettent en relief et donne un sens à ce film sans paroles. La musique électronique qui sert de bande son illustre les mouvements.
On préférera Taipe-Hwa-Shan-District de Bernhard Schreiner qui nous fait visiter des zones industrielles, des usines désaffectés de Taipe. L’originalité tient dans les mouvements saccadés qui semblent imiter une webcam, ou des jeux sur le focus, alternant rapidement entre deux images et créant un semblant de mouvement.
Mais on nous aura gardé le meilleur pour la fin avec Blight de John Smith sur la destruction d’une rue londonienne. On s’attarde principalement sur un bâtiment que l’on détruit pièce par pièce sur une musique de Jocelyn Pook (Eyes Wide Shut, L’Emploi du Temps). Un film vraiment émouvant, notamment quand la pince d’un engin semble hésiter à détruire un mur.

On s’attendait ensuite à un DJ-set de Discom, mais après 2 titres electro-dub très calmes, ils sont tout deux présent pour un véritable live. On distinguera deux parties dont une première très réussie, où des sonorités plus variées les unes que les autres percutent des bribes de mélodies. La suite sera plus abstraite et viendra a bout d’une bonne partie du public (déjà peu nombreux) avec ses sonorités stridentes.
Toujours agréable de les revoir, et surtout une bonne surprise que cette prestation plutôt qu’un DJ-set.

Mais l’événement c’est soir c’est AGF, soit Antye Greie-Fuchs, chanteuse de Laub, qui nous présente son projet solo. Il s’agit là de la dernière signature du label présenté ce soir, seule sur scène avec laptop et divers appareils électroniques.
Son concert se présentera comme une succession de morceaux généralement très courts enchaînés les uns aux autres, formant un tout à la fois cohérent et varié, alternant entre un format relativement pop et des morceaux instrumentaux plus expérimentaux. C’est d’ailleurs le cas du premier titre qui commence par un souffle lourd, bientôt rejoint par des bruitages sombres et angoissants. Des fragments de voix feutrée, extraits de phrases finissent par venir hanter ce titre. On a presque l’impression que ces voix sont diffusées à l’envers. La lumière apparaît finalement sur le deuxième titre, mais elle reste très tamisée. La jeune artiste prend son micro et chante. C’est à mi-chemin entre le chant et le spoken word façon Laurie Anderson. Le texte est on ne peut plus simple : une phrase incomplète ("I show you my..."), prolongeant le mystère.
Nouveau changement de registre avec un titre basé sur des sonorités brèves, percutantes, construction minimaliste, large place au silence dans lequel se place la magnifique voix de Antye. Elle chante en allemand et la langue suffit a donner un rythme bientôt appuyé pas des basses profondes.
Il faudrait presque décrire ainsi tous les morceaux pour arriver a donner une image fidèle du concert de ce soir, chaque titre possédant sa particularité, son idée développée en 2-3 minutes. Chant en anglais, en allemand, sample de voix masculine en espagnol, alternance de morceaux ambient basés sur des textures et une electronica plus aérée de construction mais toujours aux ambiances lourdes et feutrée, quelques morceaux plus bruitistes qui ne dépareilleraient pas chez Mego, auprès de Fennesz, une chanson sur laquelle elle chantera en duo avec...son sampler et de temps en temps cette voix sublime et fantomatique.
Un concert exceptionnel, sensuel et poétique, dans un style bien personnel.

On terminera la soirée plus rapidement que prévu avec Timeblind et ses deux laptops. On se rendra compte assez rapidement que sa musique est faite pour faire danser un public qui n’est pas là ce soir. Il est 1h du matin, et après une intro relativement calme, rythmique et basse prendront le dessus pour une techno déstructurée.

Fabrice ALLARD
le 09/07/2002

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