Scope #1 : Hervé Boghossian / Tetuzi Akiyama / Colleen

 date du concert

14/12/2007

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

 tags

Colleen / Hervé Boghossian / Instants Chavirés / Tetuzi Akiyama

 liens

Colleen
Hervé Boghossian
Instants Chavirés
Tetuzi Akiyama

Régulièrement vus sur scène de 2003 à 2005, cela faisait deux ans et demi qu’on n’avait pas apprécié Colleen et Hervé Boghossian en live. La première soirée Scope, programmée par le second, était donc l’occasion de retrouver les musiciens français, accompagnés du Japonais Tetuzi Akiyama.

Devant une bonne chambrée, ce fut tout d’abord Hervé Boghossian qui opéra, muni d’une simple guitare acoustique. Alors qu’on apprécie particulièrement ses travaux ambient à la guitare électrique traitée, on était plus circonspect à la vue de cette configuration. Réserves rapidement et malheureusement confirmées. En effet, alternant jeu au médiator et finger picking, le Français insistait surtout sur les cordes aigues de son instrument. Conjuguée à un jeu de la main droite proche du sillet, à l’endroit où les cordes sont le plus tendues, cette technique donna une tonalité assez métallique au son de sa six-cordes. Pourtant, au-delà de ces caractéristiques techniques, on ne put que déplorer une monotonie, flirtant avec la complaisance, dans le côté lo-fi de cette guitare acoustique solo. De fait, la présence de ce seul instrument rendait plus patent encore le dénuement d’une musique qui sembla cruellement manquer de consistance.

Place ensuite à Tetuzi Akiyama, lui aussi muni de sa seule guitare, pour une répétition des mêmes arpèges et pincés. S’affairant sur son instrument tel un élève bien appliqué, on remarqua là encore un soin extrême mis sur les enchaînements harmoniques et sur le choix des rythmiques, mais également une absence de vie réelle conférée à ses compositions. Au bout de ces deux sets, on en vint donc logiquement à la conclusion que c’est en fait le genre de la guitare acoustique solo qui nous déplaît plus que la manière dont les musiciens de ce soir l’appréhendaient. Restait alors à espérer que Colleen viendrait nous sortir de cette déconvenue.

Peine perdue : elle aussi officia avec un seul instrument, mais une viole de gambe cette fois. Dans la lignée de son récent album (Les Ondes Silencieuses), la Parisienne opta donc pour une approche dépouillée, limite aride, de cet instrument, bien loin des enchevêtrements de boucles qu’elle pouvait développer par le passé. Enchaînant de courts morceaux à l’archet, Cécile Schott sembla dans un premier temps presque intimidée par cette configuration, comme si elle avait peur de mal faire. Nous rappelant aussi bien les prestations live de ses débuts que le sentiment qu’on avait eu à l’écoute de son dernier disque en date, cette impression se dissipa néanmoins au fur et à mesure de son set. Pour autant, une nouvelle fois, on regretta l’ascétisme et l’absence de profondeur des morceaux proposés.

Fort heureusement, le programme prévoyait également deux duos. Ce fut d’abord Hervé Boghossian qui rejoint Colleen pour une confrontation du jeu à l’archet. Pendant que le premier avait couché sa guitare sur ses genoux, la seconde était toujours à la viole de gambe. Le drone qui produisit parvint aisément à occuper davantage l’espace sonore, même si on ne put s’empêcher de trouver un rien facile la présentation d’une telle complémentarité entre ces deux instruments.

Pour finir la soirée, le Français s’associa au Japonais pour un duo de guitares acoustiques qui sonna probablement comme la prestation la plus convaincante de cette soirée, mêlant les cordes grattées par le premier de celles pincées par le second et confirmant que ce n’est pas cet instrument en particulier qui n’a pas nos faveurs, mais bien son jeu en solo.

François Bousquet
le 18/12/2007

À lire également

Colleen
A Flame My Love, A Frequency
(Thrill Jockey)
08/07/2011
Scope #6 : Andrea Belfi
(Les Voûtes)
23/04/2004
Festival Avril.Dot : (...)
(Confluences)
06/03/2003
RandomNumber - Colleen
(Project 101)