Electrical Lands Festival #2 : Mrs Chan // Mr Chow // Miss (O) / Yndi Halda / Sylvain Chauveau / All Angels Gone / Port-Royal

 date du concert

15/12/2007

 salle

Espace Charles Vanel,
Lagny-sur-Marne

 tags

All Angels Gone / Espace Charles Vanel / Mrs Chan // Mr Chow // Miss (O) / Port-Royal / Sylvain Chauveau / Yndi Halda

 liens

Sylvain Chauveau
Port-Royal
All Angels Gone
Mrs Chan // Mr Chow // Miss (O)
Yndi Halda

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Après une première édition en mai dernier, à laquelle nous n’avions pu nous rendre et où s’étaient notamment produits Hrsta et Polmo Polpo, le festival Electrical Lands programmait son deuxième numéro en ce froid samedi de décembre. À nouveau situé dans l’Espace Charles Vanel de Lagny-sur-Marne, salle de 800 places typique de ces endroits pouvant aussi bien accueillir du théâtre que des concerts, cette manifestation accueillait une nouvelle fois des formations majoritairement post-rock.

Après un set folk-pop plutôt impersonnel de Floh, ce fut le trio Mrs Chan // Mr Chow // Miss (O) qui s’installa sur cette grande scène. Dans une configuration violon, batterie, piano finalement assez peu répandue, le trio nous offrit une prestation réussie oscillant entre le post-rock et la musique instrumentale plus classique. Pendant que le piano structurait l’ensemble, batterie et violon dialoguaient dans une atmosphère souvent enlevée. Bien qu’on pût reprocher des interventions un rien trop systématiques et attendues du violon de Mrs Chan, on fut plutôt séduit par cette grosse demi-heure de concert.

Après un changement de plateau, place à la formation qui avait principalement motivé notre déplacement : Yndi Halda. En effet, depuis la sortie de leur premier EP autoproduit fin 2005 (ressorti un an plus tard sur Big Scary Monsters et Burnt Toast Vinyl), on avait hâte de découvrir sur scène le quintet anglais, adepte de longs morceaux post-rock, eux aussi marqués par la présence d’un violon. Précisément, c’est celui-ci qui fut le premier à intervenir après que des nappes de guitare avaient été mises en place, précédant la batterie et la basse. Extrêmement classique de ce genre musical, cette montée en puissance progressive se fit cependant véritablement prenante tout au long de Dash & Blast, titre d’ouverture de ce concert comme de leur disque. Alors que le violoniste en rajoutait peut-être un peu dans le côté dégingandé, limite secoué de spasmes, ses comparses s’affairaient sur leurs instruments, regard vers le sol ou tourné en direction de la batterie. Certes pouvions-nous, en familier du post-rock lyrique, presque tout anticiper : d’un redoublement de batterie à la pression sur la pédale de distorsion, du passage en trémolo de la guitare à l’intervention quasi-larmoyante du violon ou d’une lap-steel ; mais nous nous laissâmes quand même prendre à cette musique qui continue, malgré tout, de nous enthousiasmer. A fortiori, les Anglais eurent le bon goût de proposer, au milieu de leur prestation d’une cinquantaine de minutes, un morceau chanté, accompagné d’une guitare acoustique et d’un violoncelle électrique, qui rompit ainsi avec l’enchaînement des titres plus traditionnels.

Nonobstant les demandes appuyées du public, le groupe ne revint pas faire de rappel et laissa la scène à Sylvain Chauveau. Trois semaines après sa prestation en duo avec Felicia Atkinson et après avoir écouté ses deux nouveaux disques sur Type (S. et Nuage), l’opportunité s’offrait donc de retrouver le Français en solo. Entouré d’un piano droit et d’une banquette sur laquelle il avait disposé laptop et guitare, le musicien alterna pièces fortement introspectives au clavier et interludes mariant triturations de six-cordes et traitements par ordinateur. Ne versant pas trop dans la pose dans les premiers, Sylvain Chauveau peina pourtant à captiver, majoritairement en raison de la brièveté des titres proposés et de la difficulté à transposer dans une aussi grande salle des ambiances plutôt intimistes. Terminant son set par une reprise à la guitare du Harrowdown Hill de Thom Yorke, le musicien y officia à la guitare et au chant, dans la lignée de ce qu’il nous avait offert avec le titre de Kate Bush repris à la Java en novembre.

Jouant quasiment à domicile, les Franciliens d’All Angels Gone (à l’initiative de cette manifestation) avaient drainé une part conséquente du public (au reste, on saluera l’étendue et la fidélité de cette fan base, en se souvenant de leur set à la Maroquinerie en première partie de Below the Sea, il y a un an, où déjà un nombreux auditoire leur était acquis). Dans la lignée de leur set de 2006, ils nous offrirent une nouvelle longue prestation de post-rock orchestré, parcourue de passages chantés dans une langue dont on ne saisit pas très bien s’il s’agissait de l’anglais, du grégorien ou d’autre chose. Constatant les mêmes points forts (sincérité, attachement à ce genre musical, adéquation correcte avec les projections) et points faibles (voix de tête du chanteur, difficulté dans le « calibrage » des morceaux et notamment dans la détermination de leur durée), on suivit ce concert avec moins d’enthousiasme que les trois-quarts du public, debout à la fin du set.

Devant une salle vidée des inconditionnels d’All Angels Gone qui, bien qu’habitant la région ne souhaitaient apparemment pas prolonger outre mesure la soirée, les Italiens de Port-Royal furent chargés de clôturer le festival. Après une courte prestation il y a quelques semaines à la Flèche d’Or, mais à l’occasion de laquelle on fut surpris de les voir munis de guitares, on attendait avec impatience de revoir la formation transalpine. Réduit à deux membres installés derrière leurs laptops, le groupe livra ce soir un set d’une heure et quart environ, passant en revue des titres extraits de leurs deux excellents albums. Enchaînant morceaux ambient (Karola Block) et titres extrêmement dansants (Zobione Part 2), les Italiens accentuèrent la dimension électronique de leur musique là où leurs enregistrements studios sonnent davantage comme une forme de post-rock électronisé. À ce titre, les très IDM Nights in Kiev, Putin vs Valery ou Deca-Dance réjouirent les deux personnes qui s’étaient levées pour danser aussi bien que la trentaine de spectateurs restée assise dans son fauteuil. Accompagnés de vidéos assez classiques (déambulations nocturnes et urbaines, neige tombante), les musiciens terminèrent donc en beauté un festival fort sympathique.

François Bousquet
le 21/12/2007

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