Membre du trio San Agustin, que ces pages avaient pu évoquer à l’occasion d’un concert au Métafort en 2001, et auteur de quelques sorties solo, David Daniell s’arrêtait, dans le cadre d’une grande tournée européenne, au parisien Point Ephémère. En première partie, et histoire d’offrir une soirée cohérente pour les amateurs d’improvisations solo à la guitare, Sylvain Chauveau était appelé à officier.

Assis derrière son laptop, sa six-cordes posée à plat sur sa petite table, le Français nous proposa sa traditionnelle nappe faite de grésillements, de crépitements, de sons filtrés via les micros de sa guitare et de larsens. Quand il se saisit de son instrument, ce furent au tour de ses accords en fade in d’être introduits dans sa texture pour un résultat cependant moins concluant que d’habitude. Au reste, de l’aveu même du musicien, les compositions à la guitare l’inspirent moins aujourd’hui, privilégiant le travail au piano (dont on a déjà pu rendre compte par le passé). Heureusement, deux reprises, dépouillées à l’os, et parfaitement choisies ponctuèrent sa prestation : le fabuleux Murderer de Low, dont les paroles, glaçantes et torturées (« You must have more important Things to do/So if you need a Murderer/Someone to do your dirty Work ») s’accordèrent idéalement à la musique de Sylvain Chauveau, et le Jaurès de Brel, histoire de recadrer les choses à l’heure où le leader socialiste fait l’objet d’une récupération opportuniste par le camp d’en face.

Après une courte pause, place à David Daniell, muni de sa seule guitare et de plusieurs pédales d’effets. Débutant son set par une alternance de jeu à l’e-bow et d’accords pincés, l’États-unien passa ensuite aux arpèges en finger-picking qu’il superposa jusqu’à n’en faire pratiquement qu’une seule note tenue, lumineuse et proche du larsen. Ne délaissant pas toute velléité mélodique, le musicien explora également plusieurs possibilités de sa guitare, plaquant quelques accords agrémentés d’une distorsion bien métallique ou opérant en slides au bottleneck légèrement countrysants. Pour terminer, David Daniell créa une rythmique en triturant son inverseur, rythmique qu’il sampla et qui lui servit astucieusement de support à un dernier morceau qui prit alors une dimension plus expérimentale que ses précédents titres.

François Bousquet
le 28/02/2008

À lire également

0
Soñando
(flau)
Sylvain Chauveau
Simple
(130701)
27/03/2010
Brussels Electronic (...)
(Bozar)
04/08/2002
Festival Piratages : (...)
(Guinguette Pirate)