Robert Henke & Christopher Bauder : Atom

 date du concert

04/04/2008

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 tags

Centre Pompidou / Monolake / Robert Henke

 liens

Monolake
Centre Pompidou
Robert Henke

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Artiste rare dans nos contrées il y a quelques années, Robert Henke nous semble aujourd’hui plus présent alors que l’on ne suit ses productions discographiques que de loin. C’est que l’Allemand a plusieurs cordes à son arc, avec en particulier une grosse activité dans le développement de logiciels musicaux, instruments, et la création de performances comme Atlantic Waves qui faisait l’objet de sa précédente venue au Centre Pompidou il y a un peu plus d’un an. Il revient aujourd’hui dans le cadre d’une collaboration avec Christopher Bauder pour une performance exceptionnelle.

Pour l’occasion, le public n’est pas dans les gradins, mais sur scène, tout autour d’une gigantesque installation formée par 64 ballons disposés selon une matrice de 8x8. Ils sont gonflés à l’hélium et flottent à environ 1m du sol, retenus individuellement par un fil.
Les deux artistes commencent par subir quelques problèmes techniques auxquels on les pense habitués avec ce type de performance hautement technologique. Quelques minutes dans l’obscurité et le concert peut débuter avec une musique très cliquetante alors que l’on s’attendait à retrouver cette ambient à base de buddha machine qui est la source même de son dernier album Layering Buddha en tant que Robert Henke. Electronica pointilliste, où chaque note, précise, semble déclencher l’allumage d’une diode dans un ballon. Au début, on a l’impression de voir un séquenceur géant dans lequel le passage sur chaque ballon déclenche les notes. L’intensité lumineuse reflète le niveau sonore de chaque note, parfois on a l’impression de voir la musique sous la forme d’un vu-mètre, et le tout devient une sculpture mouvante quand les ballons se mettent à monter et descendre pour représenter des formes géométriques en 3D, dans l’espace, une sorte d’hologramme en très basse résolution. Comme on le verra après le concert alors que les artistes expliquaient aux plus curieux comment fonctionnait tout ça, Robert Henke produit la musique qui de manière relativement automatique, va éclairer les ballons. Christopher Bauder était quant à lui responsable de tous les mouvements, positionnement en temps réel de chaque ballon, comme des atomes flottants.
On appréciera grandement l’évolution musicale, permettant de se détâcher d’une représentation trop facile de la musique. Le son se durcit un peu, mais surtout quelques passages ambient forcent un changement de reprédentation. Ainsi, pendant une nappe allant crescendo, un ballon lumineux va monter doucement jusque dans les cintres, évoquant même un certain mysticisme. On appréciera également le final, ultra minimal, avec un unique ballon haut perché clignotant avec une régularité exemplaire mais s’éteignant petit à petit comme s’il s’agissait de la dernière étoile.

Musicalement, rien de nouveau. Par contre on saluera la performance, à la fois technique et esthétique.

Fabrice ALLARD
le 13/04/2008

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