Nad Spiro

Tinta Invisible

(Geometrik Records / Import)

 date de sortie

00/07/2007

 genre

Electronique

 style

Electronica / Expérimental

 appréciation

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4 extraits (Flash)

 tags

Electronica / Expérimental / Geometrik Records / Nad Spiro

 liens

Nad Spiro
Geometrik Records

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Nous avions déjà parlé de Nad Spiro, projet de l’Espagnole Rosa Arruti, à l’occasion de la sortie de son deuxième album Fightclubbing en 2003. C’est donc 4 ans plus tard qu’arrive la suite avec un album qui nous apparaît comme plus facile d’accès alors que les voix ont disparu...

On est tellement habitué à voir des artistes créant des musiques instrumentales se mettre aux voix, apportant du coup une dimension pop à leur musique, que la démarche de l’Espagnole peut surprendre, même s’il est vrai que ses voix sombres et proches du spoken word n’étaient pas forcément des plus poppies. Au niveau de la musique par contre, on reste en terrain connu avec une musique très électronique, des sonorités épurées, voire même brutes, livrées telles quelles, sans forcément avoir subi de nombreux traitements. Que les mélodies soient présentes (et généralement répétitives) ou que Nad Spiro joue sur les abstractions, l’écoute de Tinta Invisible fait montre d’un travail important sur la création d’ambiances sonores, à la fois douces et un peu sombres, assez mystérieuses, comme si les choses étaient en suspend et que l’on attendait la suite des événements, suite bien sûre inconnue.

Plus concrètement, on remarquera une tendance générale aux sonorités synthétiques basses et cristallines composant des mélodies disparates, parsémées de bleeps stridents, grésillements, tintements et autres glitchs. La beauté du son, ces mélodies imprévisibles suffisent à notre bonheur sur Meremont Hotel ou Miss Rotula dont le son de guitare apparaît plus clairement. Sur cette même structure, assez régulièrement des voix apportent leur contribution, non plus sous forme de chant, mais comme un apport purement sonore, phrasé murmuré, noyé dans la masse sur Ex Limbo Stars ou Tinta Invisible. Parfois l’abstraction est à son comble, lorsque toutes les sonorités se font hésitantes, retenues, que le style est plus haché (Helix). On se retrouve alors avec un pur travail d’ambiance, sans pour autant que l’on puisse parler d’ambient au sens où on l’entend généralement (Time Track). On notera enfin le dernier titre, EyeTV sur lequel apparaît Kim Cascone puisqu’il s’agit de l’enregistrement d’un concert qu’ils ont joué ensemble en 2003 et que Rosa Arruti à retravaillé ensuite. On y retrouve ses influences industrielles avec un son bien plus dur, des basses ronronnantes, textures grésillantes, un son nasillard et brut qui n’est pas sans rappeler Pan Sonic.

Une musique qui a du style, une artiste qui a son style, pour un très bel album.

Fabrice ALLARD
le 27/04/2008

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