John Wiese / Sachiko M / Otomo Yoshihide

 date du concert

06/05/2008

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

 tags

Instants Chavirés / John Wiese / Otomo Yoshihide / Sachiko M.

 liens

Otomo Yoshihide
Instants Chavirés
John Wiese

John Wiese débute la soirée ; son matériel est réduit, seulement un laptop et une table de mixage. Alors qu’il a tendance à faire du boucan quand il collabore avec des groupes comme Wolf Eyes ou SunnO))), son travail solo est beaucoup plus mesuré. C’est de la noise, mais produite avec délicatesse, ce qui n’est pas un exercice évident, et les sonorités ont un côté granulaire. Peut-être avait-on faim à ce moment-là, mais ce qu’on entendait nous évoquait des métaphores culinaires. On avait l’impression d’entendre du beurre grésiller à feu doux dans une poêle et de l’eau glouglouter dans une casserole...

Plus de métaphores possibles avec Sachiko M, qui suivait. Alors que de nombreux improvisateurs sont revenus de la mode du réductionnisme et de l’onkyo, Sachiko persiste dans cette voie. Elle a toujours le même dispositif (son sampler sans samples), mais sa recherche de sonorités a un peu évolué. Au lieu des longues sinusoïdes qui semblaient immuables (à moins qu’on ait la bonne idée de bouger un peu la tête) elle poursuit maintenant une quête de silence(s). Ce qui donne de longs moments d’attente, et puis un craquement (parfois deux). C’est aride bien sûr, mais pas ennuyeux. Elle décortique les mécanismes à l’oeuvre lorsque l’on écoute de la musique, et le spectateur s’aperçoit que ce sont les mêmes que pour une symphonie ou une contine pop : sa faculté d’attention est tenue en éveil, son attente de rupture croît avec le temps et finalement est contentée par les maigres sons produits.

Otomo Yoshihide a déjà joué la veille avec une floppée de musiciens parisiens, il se produit ce soir en solo. D’abord à la platine vinyle, ou plutôt à la tête de lecture, car ce sont les agressions que l’on peut lui faire subir qui l’intéressent. Ça scritche beaucoup, mais il n’a pas l’air content, un problème de sortie de son a l’air de l’ennuyer. Pause, et il passe à la guitare, joue un morceau en finger-picking, le pied sur la pedale de volume. Il revient ensuite à sa platine, insère une cymbale et des vinyles brisés entre le plateau et le bras de lecture, il y a du larsen et des crépitements. Il fallait qu’il se chauffe mais on est maintenant dans le vif du sujet. La plus belle pièce est sûrement celle qu’il joue ensuite à la guitare, dans la lignée de ce qu’il fait depuis plusieurs années avec son New Jazz Orchestra, brisant et heurtant une ligne mélodique ténue. Il finira ensuite par quelque-chose de noisy, un long larsen maîtrisé, mais le souvenir de ses arpèges entrechoqués continuera de nous habiter.

Bertrand Le Saux
le 28/05/2008

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