Festival Bruges 2002 : Benjamin Franklin / Ovil Bianca / Julian Bradley / Toss / Hemd

 date du concert

18/08/2002

 salle

Stubnitz,
Bruges

 tags

Benjamin Franklin / Festival Bruges 2002 - Stubnitz / Hemd / Julian Bradley / Ovil Bianca / Stubnitz / Toss

 liens

Benjamin Franklin
Ovil Bianca

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Notre dernière soirée au Stubnitz débuta par un impressionnant orage qui nous fit battre retraite à l’intérieur du Loods où, sur la scène, se succédaient, dans un simulacre arty du concours de l’Eurovision, des festivaliers de tous pays, venant chanter en karaoké, et dans leur langue maternelle, des chansons traditionnelles ou plus actuelles de leurs pays d’origine. Mention spéciale aux travestis slovènes et aux douze jeunes filles finlandaises qui eurent le bon goût de nous faire oublier la saucée que nous venions de prendre.

Décidant finalement à braver la pluie pour pénétrer dans le bateau, nous arrivâmes pendant le concert de Toss ; les organisateurs s’étant, apparemment, décidé à débuter à une heure convenable le premier set. Autre bonne surprise : le Stubnitz n’était pas plein comme un œuf comme la veille et la température y fut largement supportable. Le quatuor belge, naviguant entre drone, ambient et post-rock peut apparaître comme le versant "pop" de Vibracathedral Orchestra : morceaux identifiables, présence d’une batterie. Alliant leurs nappes de guitares à une basse bien présente, le groupe nous proposa un bon concert dont on se voulut d’avoir malheureusement raté une bonne partie.

La disposition scénique tirant pleinement parti de la présence d’artistes électroniques en ce dimanche (prenant peu de place, ceux-ci étaient situés sur une table en face de la scène principale, de sorte qu’on avait qu’à se retourner entre chaque prestation), Hemd put enchaîner quasi instantanément. Gunter Braem commença, dans la continuité du set de Toss, par une longue plage sur laquelle il posa des sons divers et qu’il fit aller et venir créant un sentiment de flux et reflux. Fort de ses talents de réalisateur de clips (c’est en cette qualité qu’il avait été convié au festival (K-RAA-K)³ 2002), il fit également projeter, sur un drap blanc tendu devant la table où il était installé, des films narrant des déambulations citadines qui se mariaient parfaitement avec l’ambiance musicalement créée. Saturant progressivement sa nappe sonore, celle-ci ne fut plus que souffle et grésillements lorsqu’il termina.

On passera promptement sur Der Schwimmer, viennois produisant une électro-pop chantée lorgnant vers la variété-soupe. Il eut toutefois le mérite de nous permettre d’aller faire un tour au bar, situé un niveau au-dessus de la scène, en compagnie des membres de (K-RAA-K)³ qui s’étaient fait imposer la participation de l’autrichien par le Stubnitz.

Redescendant rapidement à l’étage inférieur, on allait assister à ce qui restera comme l’un des deux meilleurs sets de ce week-end : celui de Benjamin Franklin. Passant du clavier-sampler à la table de mixage, utilisant son minidisc et tentant, sans succès, d’avoir recours à une guitare posée à même le sol, le jeune belge, nettement plus assuré que l’an passé au Batofar, alterna titres poppy et morceaux plus expérimentaux, pièces rythmées et calmes. Après deux titres ambient permettant de s’installer progressivement dans sa musique, Benjamin Franklin nous ravit avec un petit tube électro-pop à la mélodie ludique et enjouée, entraînant dans sa folle ronde une rythmique déchaînée. Poursuivant par des morceaux moins évidents et plus sombres, il injecta tout de même, par endroits, des bribes de mélodies enfantines pour parvenir, petit à petit, à une autre pièce joyeuse et distrayante. Suivirent boucles tournoyantes et basse précise pour une toujours aussi habile succession de titres divertissants et d’autres plus nostalgiques. Salué à sa juste valeur par une assistance conquise, Benjamin Franklin pouvait, légitimement, être satisfait de l’excellent concert qu’il venait de réaliser.

Intéressant également fut le set de Julian Bradley. Le guitariste de Vibracathedral Orchestra, aidé de sa compagne, maria nappes sonores et expérimentations à la guitare. Plaçant sur la plage préalablement créée notes distordues et accords torturés, Julian Bradley nous embarqua pour un voyage d’une petite demie-heure à la gravité et l’étrangeté particulièrement présentes. L’apparition progressive d’une basse sourde rendit celui-ci encore plus inquiétant et intense, d’autant plus qu’on distinguait à peine le couple, accroupis qu’ils étaient dans un coin de la scène principale.

Clôturant cette soirée, Ovil Bianca nous déçut quelque peu, à l’aune de son très bon album Gravity = Love, paru l’an passé sur (K-RAA-K)³. Pourtant, on retrouva bien les sons micro-électroniques et autres glitchs caractéristiques de ses productions, ainsi que la douce mélancolie qui transparaît de l’ensemble de sa musique. Mais on eut l’impression d’un manque de liant, d’une trop grande hétérogénéité, que tout partait un peu dans tous les sens ; les différents éléments utilisés s’éparpillaient sans véritable attache entre eux, comme balancés les uns après les autres. Petit à petit, néanmoins, le set s’ajusta, la texture prit pleinement corps, se rapprochant de certains morceaux de Fennesz lorsqu’apparurent des boucles carillonnantes pour s’achever sur un dernier morceau particulièrement plaisant où des couches mélodiques se superposèrent créant un effet hypnotique captivant souligné par une rythmique drill.

François Bousquet
le 03/09/2002

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