Ryoji Ikeda

1000 fragments

(Raster-Noton / Metamkine)

 date de sortie

23/01/2008

 genre

Electronique

 style

Ambient / Electronica / Glitch / Minimal

 appréciation

 tags

Ambient / Electronica / Glitch / Minimal / Raster-Noton / Ryoji Ikeda

 liens

Ryoji Ikeda
Raster-Noton

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Cette chronique est une sorte de rappel, l’occasion de revenir sur le travail du compositeur japonais puisque 1000 fragments est la réédition du tout premier album de Ryoji Ikeda, alors édité en 1995 sur son propre label CCI Recordings. Plus de dix ans plus tard et logiquement chez Raster Noton (le label de Carsten Nicolai / Alva Noto), cette réédition est aussi l’occasion d’apprécier à quel point Ryoji Ikeda était un précurseur.

Comme dans sa version d’origine, l’album se présente sous la forme d’un digipack blanc qui a ici perdu ses deux petites photos pour ne garder que quelques lignes graduées, quelque part entre viseur et indicateur d’horizon, reprenant le minimalisme de l’identité graphique du label et des projections de l’artiste. Le tracklisting est quant à lui exactement le même que sur l’édition de 1995, sans piste bonus/astuce marketing, là n’est pas le propos. On se projette donc en 1995 et on reprend le disque comme si on venait de le découvrir.
L’album se découpe en trois parties. Channel X est la plus courte et comprend 9 pistes pour une durée totale de 11 minutes, composées entre 1985 et 1995. Nous n’avons pas l’année de chacune de ces vignettes sonores, mais écouter ces quelques morceaux en les imaginant composés dans les années 80 montre à quel point Ryoji Ikeda était en avance sur son temps. On y retrouve des choses déjà entendues dans de récents concerts comme cette phrase "It’s the most beautiful ugly sound in the world" qui résume à elle seule l’ambiguïté de son travail, résidant sur une composition à la rigueur mathématique en utilisant des sons généralement considérés comme erreurs ou déchets (sifflements stridents, bruits blancs). On y trouve également quelques éléments moins connus (collages, montages cut-up, turntablism, séquences technoïdes), des facilités aussi sur This is a recording lorsqu’une jeune femme dit "left" sur l’enceinte gauche et "right" sur l’enceinte droite. En 11 minutes, Ikeda a déjà tout dit, toutes les bases de son travail son déjà là, jusqu’aux infra basses et autres clicks.
La deuxième partie s’intitule 5 zones et est logiquement découpée en cinq pistes composées sur 1994-1995. Il s’agit là d’une œuvre à part entière et non pas d’une compilation de travaux de jeunesse. On y retrouve la rigueur de l’artiste dans un style qui lui est moins habituel puisqu’à dominante ambient, tendance radicale. Souffle minéral et drone, le tout ponctué du minimalisme habituel (séquence de morse façon compteur geiger à la Kraftwerk, ambiance sous-marine avec bleeps de sonar) pour finir avec un field recording a mi-chemin entre noise et bruit de mer.
La dernière partie a quant à elle été composée en 1993 et s’intitule Luxus. Il s’agit d’un seul morceau (luxus 1-3) d’un gros quart d’heure, lui aussi à dominante ambient. Nappes ondulantes de différentes fréquences et tonalités pour quelques passages qui pourront rappeler le travail de Biosphere, mais aussi des chœurs forts dispensables, bref cette dernière partie restera anecdotique.

Ce premier album est à prendre tel quel, y compris avec ses quelques erreurs de jeunesse : cette compilation de vignettes composées sur 10 ans, mêmes rassemblées sous le libellé Channel X ne fait pas une œuvre, et on considérera Luxus comme une récréation de la part du Japonais. D’un autre côté 5 zones préfigure de la rigueur avec laquelle l’artiste mènera sa carrière par la suite et Channel X reste un document exceptionnel témoignant de l’avance de Ryoji Ikeda sur son temps. Deux raisons suffisantes pour rendre cet album indispensable, ne serait-ce qu’aux amateurs d’electronica minimale ou de click’n cuts.

Fabrice ALLARD
le 02/06/2008

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