Music for Toys : David Fenech / Pequeña Fiera ! / Setsuko.ø

 date du concert

14/06/2008

 salle

Glaz’Art,
Paris

 tags

David Fenech / Festival Music for Toys (2008) / Glaz’Art / Pequeña Fiera ! / Setsuko.ø

 liens

David Fenech
Glaz’Art
Pequeña Fiera !
Festival Music for Toys (2008)

 dans la même rubrique

Organisé par le label MonsterK7, ce festival investissait trois petites salles parisiennes pour autant de concerts gratuits tournant autour des jouets musicaux (instruments jouets). Une thématique bien ciblée qui fait que l’on se demande déjà si une deuxième édition verra le jour, mais pour l’heure on était bien décidé à faire le déplacement en ce samedi d’une part pour voir David Fenech que l’on ratait depuis quelques mois, et d’autre part pour Setsuko.ø dont quelques titres nous avaient séduit.

Ca doit être vers 20h que David Fenech prend place alors que l’on s’attendait à le voir jouer un peu plus tard, disons le en tête d’affiche si ce terme à encore un sens sur un événement de cette taille. Petite originalité amusante mais collant bien au festival, il commencera par nous présenter l’ensemble de ses jouets et instruments, situant pour ceux qui ne sauraient à quoi s’attendre, ce que l’on entend par "toy music". Si l’ensemble des jouets du genre sont présents (mélodica, xylophone et glockenspiel coloré, toy piano), c’est plus un travail de platiniste que nous propose David Fenech pour commencer, samplant, hachant, triturant des disques divers, mêlant boucle de cordes classique et voix contant une histoire, avant de fredonner sur cette boucle chaotique. Une entrée en matière assez abrupte, pas des plus faciles pour un public présent assez éclectique. Étant seul sur scène, techniquement la suite reprend le principe des superpositions de boucles aux pédales d’effets, changeant régulièrement de source sonore. Un ukulélé pour un folk aux teintes exotiques, une superposition de nappes vocales vibrantes et fragiles accompagnées d’un bandonéon, une version moderne du jeu Simon et mélodica pour un dernier titre hypnotique aux boucles ménaçantes.
Un concert d’une trentaine de minutes, assez éloigné de son dernier album Polochon Battle, mais un set fort plaisant d’une musique sensible et fragile, réveillant les âmes d’enfants des adultes présents.

Plus difficile ensuite puisque l’on enchaîne avec Pequeña Fiera ! que l’on découvrait à cette occasion. Duo espagnol, lui à la basse, elle au clavier Bontempi ou Casio, et maracas, ils auront un peu de mal à nous convaincre, mais cela fonctionnerait peut-être mieux avec un public plus orienté pop que nous. Le ton est à la légèreté avec des mélodies basiques sur clavier kitsch, accompagnement de basse, et un chant d’une voix de fausset qui aura tendance à nous énerver, le jeune homme en rajoutant encore entre chaque morceau avec des "merci !!" perçants, tout cela sans parler des couinements provoqués par quelques jouets en plastiques avec lesquels le duo s’amuse. Si le groupe est amusant, elle lui lançant des confettis régulièrement pour ajouter encore au côté pop colorée, la formule est la même pendant tout le concert, provoquant une certaine lassitude déjà après 3-4 morceaux.

On attendra donc Setsuko.ø pour se rattrapper, concert que l’on aborde assez sereinement pour avoir écouté quelques titres sur leur page MySpace avant de faire le déplacement. Setsuko.ø est le projet de Simon, jeune rennais qui multiplie les projets musicaux (UrUboräUss, Moana), venu en formation élargie avec ses amis s’orientant alors vers des contrées post-rock. Il démarre en solo, et c’est tout de suite le coup de cœur. Toy piano, glockenspiel et reverb pour une mélodie enfantine faite de tintements colorés. Seul sur scène, il enregistre et superpose ses boucles graves et mélancoliques, violoncelle, voix timides et triturées, guitares éparses ou encore mélodica. Fragile et sensible, assez rapidement la musique de Setsuko.ø impose le silence. Petit à petit la formation s’élargira avec batteur, bassiste et violoncellistes, Simon se chargeant alors de la guitare. On retrouve une base commune orientée "toy music", des mélodies toujours efficaces, mais la batterie marque le tempo et les montées progressives qui sont suivies par guitares et violoncelles pour un post-rock relativement classique. En fin de set tout le monde s’éclipsera en laissant Simon tout seul pour un dernier titre sur lequel on verra le jeune artiste s’affairer, passant rapidement des jouets au violoncelle, ajoutant une boucle de guitare, puis revenant encore au violoncelle, le tout avec une apparente facilité. Certes pas le set le plus original de la soirée, mais un groupe qui sait ce qu’il fait et le fait plutôt très bien !!

Fabrice ALLARD
le 21/06/2008

À lire également

David Fenech
Polochon Battle
(Inpolysons)
Dom Labreuil
Imposture Inpolysonne (DVD)
(Inpolysons)
David Fenech
Grand Huit
(Tout l’Univers)