Pierre Bastien & Dominique Grimo

Rag-Time vol.2

(Inpolysons / Musea)

 date de sortie

15/03/2008

 genre

Electronique

 style

Expérimental / Jazz / Electroacoustique

 appréciation

 écouter

3 vidéos

 tags

Dominique Grimaud / Electroacoustique / Expérimental / Inpolysons / Jazz / Pierre Bastien

 liens

Pierre Bastien
Inpolysons
Dominique Grimaud

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Si l’on a déjà vu quelques fois Pierre Bastien en concert, regrettant d’ailleurs le manque de renouvellement une fois l’effet de surprise de la première fois passé, c’est bel et bien la première fois que l’on écoute ses productions sur disque. Il s’agit ici du deuxième volet de Rag-Time, et après un premier essai en solo, Dominique Grimaud collabore avec Pierre Bastien.

Avant d’aborder le disque en lui-même, on parlera dans un premier temps de la manière dont il a été composé. L’expérimentateur Dominique Grimaud s’est d’abord amusé avec de vieux disques, 78 tours triturés, travail de platiniste, DJ old school. Là dessus, Pierre Bastien est venu ajouter ses éléments mécaniques bien sûr, mais aussi trompette, flûte ou encore harmonica. L’ensemble a forcément un style bien particulier, loin des productions formatées actuelles, avec un charme rétro, une chaleur latine, le tout dans un chaos parfois inquiétant.
Ainsi l’album s’ouvre sur le bien nommé Marinella Parkinson, une relecture du célébrissime Marinella de Tino Rossi parsemé de scratches, dérapages de Moog et effets de syncope. Il y a régulièrement dans cette musique quelque chose d’un peu malade, déliquescent, des mélodies en mode mineur, des glissandos plutôt vers le bas, des percussions qui semblent tomber plutôt que frapper, et des mélodies qui résument tout ça, à l’image de cette trompette tristoune et ce piano fracassé sur Amnesia. En même temps les deux hommes ne manquent pas d’humour, ce côté maladif étant apparemment pleinement assumé si l’on se réfère aux titres de leurs morceaux, reprenant quasiment tous le nom d’un trouble corporel.
En 15 titres, l’album traverse les années, les styles, tout en restant très cohérent sur la forme. On s’y retrouve toujours, passant d’une vieille chanson sur rythmique militaire (Madame Insomnie) à une ambiance plus religieuse grâce aux chœurs de Kuan Diphtheria sur fond de flûtes sifflante et scratches, le genre de morceau que l’on appréciera tout particulièrement car assez différent de ce que l’on connaissait de Pierre Bastien. En effet, pour qui connaît déjà l’artiste sur scène, ce Rag-Time vol.2 risque de décevoir à l’écoute de quelques trompettes aquatiques ou orgues mécaniques, un air de déjà vu d’autant plus gênant que ce son est vraiment typique de l’artiste, particulièrement marqué. Pour autant, on ne boudera pas notre plaisir à l’écoute de l’hispanisant Lisboa Influenza et son harmonica wah wah, ou Anorexia et ses mélodies parfaites.

Léger, sophistiqué sans en avoir l’air, Rag-Time vol.2 est à prendre comme une bouffée d’oxygène. Un disque à se laisser porter, bien loin des contraintes actuelles. Un peu de rêve en quelque sorte.

Fabrice ALLARD
le 15/08/2008

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