Julien Bourgeois : Portraits de Musiciens

 date

du 06/11/2006 au 24/11/2006

 salle

IRMA,
Paris

 appréciation
 tags

IRMA / Julien Bourgeois

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Jeune photographe parisien, Julien Bourgeois propose, dans le cadre du Mois de la Photo Off, une série d’une vingtaine de photos intitulée “Portraits de Musiciens”. Majoritairement tirés en noir et blanc, ses clichés dessinent un joli éventail de la scène pop-folk actuelle, aussi bien française (Mansfield.TYA, Tender Forever, Holden, Cali, Piers Faccini) qu’internationale (Peter Von Poehl, Lloyd Cole, My Brightest Diamond, Lauren Hoffmann).

Disposées dans le hall de l’IRMA, les photos souffrent et bénéficient en même temps d’un tel accrochage. En effet, placées à proximité des affiches, programmes et flyers annonçant concerts et festivals, elles sont comme banalisées tout en étant assimilées à un univers cohérent. De même, situées dans ce vestibule desservant la librairie, les bureaux et la salle de réunion, les photos peuvent à la fois faire l’objet d’un coup d’œil rapide comme accrocher le regard de ceux qui traversent ces lieux de passage.

Privilégiant donc le noir et blanc, Julien Bourgeois sélectionne aussi fréquemment des clichés dans lesquels les regards des musiciens se font vagues ou fuyants sans qu’on sache bien s’ils sont légèrement mélancoliques ou faussement désabusés. Néanmoins, on préféra les portraits en pieds ou en “plan américain” aux gros plans ; de fait, tandis que les premiers n’empêchent nullement de s’arrêter sur ce travail sur le regard, les seconds se font un peu trop insistants sur ce point, limitant le champ de vision du visiteur à la tête du musicien. De plus, ces gros plans empêchent de voir ces éléments para-urbain (grilles, banc public, chaise de jardin) ou naturels (arbres, étang) que le photographe peut intégrer, avec une épure toute naturaliste, dans les autres photos.

Représentant rarement les chanteurs en situation (hormis quelques clichés pris lors de sessions radio, notamment un où Armelle d’Holden joue de sa guitare avec une délicate application), Julien Bourgeois choisit donc de “déconnecte” musiciens et musique sans pour autant qu’une approche “glamour” n’occulte la sensibilité artistique de photographies sincères et touchantes.

François Bousquet
le 09/11/2006