Karen Kilimnik

 date

du 27/10/2006 au 07/01/2007

 salle

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris,
Paris

 appréciation
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Karen Kilimnik / Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

 liens

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

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Artiste états-unienne née en 1955, Karen Kilimnik s’est surtout fait connaître pour ses travaux, et notamment ses installations, réunis sous le nom de "scatter art" ("art de la dispersion"). Pendant plus de trois mois, le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris lui offre une belle consécration avec la présentation de quatre installations (dont deux inédites), une cinquantaine de peintures et quelques dessins.

Alors que l’affiche et quelques coupures de presse laissaient craindre que Karen Kilimnik ne se complût dans la représentation post-warholienne d’icônes contemporaines (Paris Hilton, Leonardo Di Caprio), on fut agréablement surpris de constater que seules trois toiles mettent ces célébrités en perspective, les figurant en personnages historiques (la jet-setteuse en Marie-Antoinette posant devant Trianon) ou féériques (l’acteur vedette en Prince Charmant des contes et Noureev en Prince des Neiges). Dès lors, on peut s’attarder librement sur les autres œuvres de l’États-unienne, tournant principalement autour de trois axes : les paysages, les équidés et la danse. Piochant ses influences aussi bien chez les grands maîtres anglais (pour ces scènes de forêt) que chez les peintres naïfs (pour le trait "ligne claire" de certaines maisons ou de scènes à la campagne), dans le monde théâtral ou dans celui des ballets (les petites ballerines, le Bolchoï), dans l’univers des contes (des chevaux quasi-fantasmagoriques, des châteaux mystérieux) ou dans celui des romantiques (tempêtes et orages), Karen Kilimnik traverse donc aussi bien les périodes que les styles. Ses travaux, majoritairement réalisés à l’huile, font ici l’objet d’une très sobre présentation (toiles non encadrées, accrochage épuré) qui sert particulièrement bien les œuvres (mention spéciale à l’éclairage bleuté de The Shade in the River Styx qui fait de la petite danseuse à la fois un ange et une sorte de fée ou aux spots faisant scintiller les paillettes collées sur certaines toiles : The Firebird visits Russian Tea Room, The Bolshoi Theater, dreamland, at night 9 PM).

Moins convaincus par les dessins (des esquisses plus anecdotiques), nous fûmes en revanche emballés par les quatre installations, représentatifs de cet "art de la dispersion" mis en scène par l’artiste. Antechambers est la première rencontrée : ensemble de trois petites pièces accolées les unes aux autres, décorées à la manière d’une émission de télé-réalité (murs aux couleurs vives, miroirs abondants). Soulignant la dimension factice des lieux de vie de ces émissions, Antechambers frappe par la force de ce dispositif minimaliste. The Globbed Furniture, installation inédite, est présente en plusieurs points de l’exposition et recrée, par juxtaposition d’éléments assez kitchs (chandeliers, chaises massives, tables en bois, meubles aux pieds assortis de têtes d’animaux), des intérieurs "idéaux" exhibés dans les revues de décoration. Good explore cet univers fantasmatique prisé par Karen Kilimnik en disposant plusieurs cierges sur une surface de neige artificielle tandis que les murs de la salle sont ornés de peintures rondes représentant le ciel à diverses heures (bleu nuit, bleu plus clair, bleu très foncé parsemé d’étoiles). Mais l’installation qui nous enthousiasma le plus fut l’autre inédit, The Grotto. Composé d’une part d’une fontaine en pierre et d’autre part d’un espace délimité par quatre piliers surplombés de têtes de tigre et encerclé par des guirlandes de feuillage. À mi-chemin entre le charme des jardins à l’italienne et le caractère ésotérique des lieux de culte (les tigres pourraient figurer des divinités païennes), The Grotto constitue bien cette synthèse d’une culture classique et de l’observation des mœurs contemporaines à laquelle aspire Karen Kilimnik.

François Bousquet
le 18/11/2006

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