Peintures Aller/Retour

 date

du 03/12/2006 au 11/03/2007

 salle

Centre Culturel Suisse,
Paris

 appréciation
 tags

Centre Culturel Suisse / Francis Baudevin / Olivier Mosset / Philippe Decrauzat

 liens

Centre Culturel Suisse

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Désireux d’effectuer des parallèles entre différents artistes helvétiques opérant des années 50 à nos jours, le Centre Culturel Suisse, situé au plein cœur du quartier des galeries du Marais, propose une exposition judicieusement intitulée Peintures Aller/Retour.

Marquée par la présence de deux toiles de Richard Paul Lohse (deux carrés composés de neuf carrés colorés développant un beau travail sur les rapprochements et oppositions de couleurs mais mettant en place une géométrie trop mécanique, trop corsetée, loin de la liberté des œuvres d’un Mondrian), l’exposition juxtapose œuvres récentes (certaines ont même été peintes pour l’occasion) et tableaux qui ont une quarantaine d’années. Si on pouvait craindre a priori que l’accrochage pêche par un systématisme trop didactique, on est rassuré en constatant que des toiles voisines ne se répondent pas forcément tandis que d’autres, situées dans des salles différentes, le font. Ainsi, la répétition de figures issues d’empreintes de pneu prisée par Peter Stämpfli (Numéro trois - vert et Numéro quatre - jaune) fait écho à la succession de « x » et « o » d’Olivier Mosset, reprenant les symboles du jeu de morpion ou d’un langage para-informatique. Il arrive également que cette mise en parallèle révèle le caractère vieilli d’œuvres : West End de Luigi Luratti (1966) avec ses contrastes trop agressifs et The Way Out is to Permutate de Philippe Decrauzat (2006) et son Optical Art très 70’s (rayures noires disposées dans un grand triangle blanc).

Adeptes de figures géométriques rudimentaires (une sorte de fil rouge de cette exposition), Verena Loewensberg et Christoph Gossweiller jouent l’un et l’autre avec le plan : la première en associant horizontalité de lignes colorées, verticalité d’éléments semblables à des colonnes antiques et diagonalité de l’assemblage de ces colonnes ; le second en clouant à même le mur, sans châssis, ses toiles présentant deux larges bandes horizontales parallèles qui s’apparentent alors à ces stickers qui parent les ailes des voitures de course. Mais le travail qui nous toucha le plus fut celui de Francis Baudevin, artiste d’une quarantaine d’années, qui se distingue par une réappropriation de logos et designs de contenants (boîtes de médicaments, couverture du Petit Robert, pochettes de disque) dont il ne conserve que les couleurs et la disposition linéaire. Ici, c’est l’album What Do I Get ? des Buzzcocks qui fait l’objet d’une adaptation, libre de toute écriture, avec le simple camaïeu de vert comme motif. Parfaite transcription artistique d’objets du quotidien, l’œuvre du Suisse a bien toute sa place dans une exposition où le passage et la correspondance sont à l’honneur.

François Bousquet
le 21/01/2007

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