François Morellet : Blow-Up 1952-2007 : Quand j’étais petit, je ne faisais pas grand

 date

du 20/06/2007 au 16/09/2007

 salle

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris,
Paris

 appréciation
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François Morellet / Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

 liens

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

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Régulièrement à l’honneur des institutions françaises (depuis 2000, par exemple, des rétrospectives ont été présentées au Jeu de Paume, au Carré Sainte Anne à Montpellier, au Musée des Beaux-Arts d’Angers et, cet été même, au Musée d’Art Contemporain de Lyon), c’est le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris qui accueille François Morellet pendant près de trois mois. Pour autant, il ne s’agit nullement ici d’un panorama de l’œuvre du Choletais mais d’un travail plus ludique : reproduire, en quatre fois plus grand, onze toiles réalisées en 1952.

À peine entré dans l’exposition, on découvre 3 doubles trames 0°-30°-60° présenté en deux pièces de 8 mètres par 4 mètres, à mi-chemin entre « op art » et abstraction géométrique à la Mondrian : de nombreuses et épaisses lignes noires se croisent sur un fond blanc dans un gigantisme qui donne presque le vertige. Alors qu’on pensait regarder un des agrandissements évoqués en préambule, on découvre, pris par un joli contre-pied de l’artiste et du metteur en espace, qu’il s’agit en réalité de toiles peintes en 1975, les plus grandes jamais faites par Morellet, mais qui était déjà des agrandissements d’un dessin réalisé en 1960 et présentées là en introduction à ce qui allait être plus largement développé 30 ans plus tard.

Après cet incipit à la fois malicieux et emballant, place aux agrandissements qui surprennent par leur capacité à rester minimalistes malgré leur taille (entre 2 m² et 3 m² en moyenne), par la grâce de l’épure des lignes et formes utilisées par le Français. À cet égard, on saluera particulièrement la structure en escalier de Horizontales verticales grises et noires, l’illusion d’optique née de lignes vertes rapprochées ou de deux séries de droites parallèles (Parallèle 0°-12°). Alternant, dans ses œuvres, lignes et espaces réguliers et agencement irrégulier, François Morellet fait preuve d’une grande liberté qui s’exprime également dans le format choisi (vertical, grand horizontal, format « tableau » plus traditionnel), dans une démarche toujours proche du jeu (l’espiègle intitulé de l’exposition s’inscrit, du reste, dans cet état d’esprit). L’agrandissement des onze toiles de 1952 ne se limite cependant pas à un simple effet d’étirement, mais s’accompagne aussi d’un travail sur les éléments utilisés, qu’il s’agisse du support (bois à ses débuts, toile à présent) ou du matériau de base (laque industrielle en 1952, acrylique aujourd’hui), qui influe sur le rendu des œuvres. Alors que les blancs initiaux ont jauni et que le bois conférait une certaine granulosité aux premiers travaux, l’acrylique permet d’insister sur le blanc, et donc de jouer encore plus sur les contrastes et les reliefs qui découlent de l’opposition de certaines teintes (Peinture Triangle).

Admirant les peintures de François Morellet, on sait également gré à l’accrochage de ne pas avoir privilégié une simpliste démarche scolaire qui aurait consisté à présenter côte à côte œuvres passées et toiles présentes. En effet, on se trouve d’abord face aux agrandissements avant de retrouver, dans la ligne droite qui longe les grandes fenêtres du Musée, les travaux originaux, magistralement présentés sur des panneaux à claire-voie faisant la taille des agrandissements. Signalons enfin une installation de 1971, située tout au fond de l’exposition, dans laquelle deux lignes de huit tubes de néon blanc sont superposées et disposées dans un coin de mur (2 lignes de tirets interférents). S’allumant de manière synchronisée ou clignotant, les néons forment alors un fascinant dispositif tenant aussi bien du stroboscope minimal que de la tentative de représenter la vitesse de la lumière en la capturant.

François Bousquet
le 27/08/2007

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