Dérive

 date

du 12/10/2007 au 17/11/2007

 salle

Fondation d’entreprise Ricard,
Paris

 appréciation
 tags

Christophe Berdaguer et Marie Péjus / Daniel Firman / Fondation d’entreprise Ricard / Hugues Reip / Sammy Engramer / Stéphane Calais / Vincent Beaurin / Virginie Yassef / Wilfrid Almendra

 liens

Fondation d’entreprise Ricard

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Comme chaque année, la Fondation d’Entreprise Ricard accueille une dizaine de jeunes artistes français pour une exposition qui sert de support à l’attribution du Prix de la Fondation. Sélectionnés par Mathieu Mercier, plasticien au centre de l’actualité (on évoquera prochainement la monographie que le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris lui consacre), les artistes choisissent majoritairement d’évoquer, dans leurs œuvres, le rapport ou la représentation de la nature.

Ainsi, de manière assez limpide, Marc Etienne (dont on peut, pour quelques jours encore, apprécier le bon travail à la Galerie Vallois) met en place des pierres qui, par un système électrique et de soufflerie, se voient insuffler une vie intérieure, se gonflant et dégonflant telle une respiration ou émettant des petits grognements. Plus directe encore, Virginie Yassef installe un énorme rocher, fait de résine, que le spectateur est invité à pousser du doigt afin de passer de l’autre côté de la cloison. Entre traversée alicienne du miroir et jeu sur une lourdeur qui n’est qu’apparente, la jeune femme répond parfaitement à la thématique de l’exposition. Tout aussi probants, Christophe Berdaguer et Marie Péjus disposent des formes pyramidales noires afin d’ériger une sorte de grotte au sein de laquelle un matelas invite également le visiteur à participer à une œuvre qui, sous ses aspects peu engageants (composants anguleux, teintes foncées, étendue assez vaste), donne rapidement envie de s’y installer.

Intégrant des éléments ou référents naturels, Vincent Beaurin utilise des cornes de renne comme pied d’une sorte de bénitier, noir lui aussi, tandis que Sammy Engramer fabrique un « tac-tac » (ce jeu d’enfant où l’on frappe deux grosses billes l’une contre l’autre afin de leur faire faire des figures) avec deux globes terrestres. Pièces de Monet permet au même artiste d’accrocher une reproduction poinçonnée des Nymphéas, comme s’il s’agissait d’un torchon, pendant qu’au sol jonchent les confettis issus de la toile, gros comme des louis d’or. En revanche, on passera sur les wall paintings de Régine Kolle, l’homme-singe de Daniel Firman ou les peintures lenticulaires d’Hugues Reip. Plutôt sages, ces œuvres s’écartent, de surcroît, du fil conducteur du reste de l’exposition. Pour leur part, Stéphane Calais et Wilfrid Almendra s’attachent plutôt à celui-ci mais le crâne de girafe mis en exergue par le premier et le mélange d’une surface plane en acier poli et d’éléments colorés en résine du second ne témoignent pas de la même densité que les travaux évoqués en premier, véritables réussites d’une exposition qui sut d’ailleurs, en décernant le Prix à Christophe Berdaguer et Marie Péjus, faire un choix tout à fait pertinent.

François Bousquet
le 02/11/2007

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