Pierre Vadi : Sas

 date

du 25/01/2008 au 30/03/2008

 salle

Crédac,
Ivry-sur-Seine

 appréciation
 tags

Crédac / Pierre Vadi

 liens

Crédac

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Des attentions
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Complice de Philippe Decrauzat et d’une bonne partie de cette scène plasticienne suisse francophone dont on vante régulièrement les mérites en ces pages, Pierre Vadi s’installe, pour sa première exposition personnelle en Île-de-France, pour deux mois au Crédac d’Ivry-sur-Seine.

Intitulée Sas, son exposition se veut en effet être un palier de passage entre le monde réel et un univers imaginaire dans lequel les objets sont recouverts d’une résine tendre, à même de jouer sur la transparence et la fragilité. Ainsi, une tronçonneuse à échelle 1 est rendue inoffensive car translucide (Songs From Liquid Days) tandis que des petits monticules de sucre se voient recouverts d’une pellicule bleutée propre à figurer une sorte de glacis (Requiem). Pourtant, au-delà du développement de cet univers mental qu’appellent également ces bâches ajourées (Your Private Sky 2) ou ces panneaux alvéolés (Réplique) à travers lesquels on est invité à composer son propre ciel, la couche résineuse peut s’apparenter à une cristallisation mortifère. De fait, cette pellicule verte hésite entre l’épiderme morte et la bave d’un ver à soie (Scalp Borealis) alors que ces suspensions semblables à des stalactites pourraient figurer dans une tombe souterraine (No Not Now).

L’inquiétude naît aussi dans le cadre d’un propos plus politique, lorsqu’est représentée une planète rongée de l’intérieur, comme dévorée par ses propres créatures (Butin), ou d’une réflexion para-mystique quand des chaînes (Love Lights) et barres (Hell is Chrome) relient le sol au plafond. Avec ce travail récurrent sur les suspensions et l’invitation au développement de l’imaginaire évoquée précédemment, le Suisse parvient donc à mettre en place des œuvres à la fois saisissantes et introspectives.

François Bousquet
le 29/01/2008

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