Valentin Carron : Âpre Mont

 date

du 26/01/2008 au 06/04/2008

 salle

Centre Culturel Suisse,
Paris

 appréciation
 tags

Centre Culturel Suisse / David Hominal / Valentin Carron

 liens

Centre Culturel Suisse

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Présent avec ses grands crucifix dans l’exposition The Third Mind au Palais de Tokyo l’automne dernier, Valentin Carron fait cet hiver l’objet d’une exposition au Centre culturel suisse, soutien traditionnel de la scène plasticienne helvète. À la fois artiste et commissaire de l’exposition, le Suisse a convié à ses côtés trois camarades : Fabian Marti, Balthazar Lovay et David Hominal.

On passera très rapidement sur les productions de ces derniers et notamment sur les aquarelles de Balthazar Lovay qui se fait fort de réunir, comme une blague de très mauvais goût, l’influence des comics et la figure d’Hitler. Pour sa part, David Hominal nous propose une salle de peintures fumées (comme la saucisse ou le jambon) avec des toiles qui ont fait un séjour en boucherie et sont donc imprégnées de sang, de suie et de cette odeur caractéristique. Si la démarche olfactive est plutôt intéressante, elle est malheureusement au service d’un propos assez pauvre. Enfin, Fabian Marti présente une série de photographies représentant des croix et intitulées de prénoms féminins, offrant un jeu sur les symboles et les mythes qui préoccupe également Valentin Carron.

De fait, l’artiste expose une sculpture filiforme nommée L’Homme qui swing I qui, par son nom comme son allure, se signale comme un hommage décalé à L’Homme qui marche de Giacometti. De même, le crucifix qu’on retrouve plus loin (plus petit que ceux de cet automne, mais tout aussi sobre dans ses lignes) reprend cette volonté de distanciation avec un héritage qui pourrait paraître trop lourd. Mais c’est surtout le travail sur l’espace qui nous a particulièrement frappés ici. Dès l’entrée du Centre, un vaste et imposant quadrillage surplombe le foyer, se voulant une reproduction ironique des poutres typiques des chalets suisses (Clair Matin). Réduisant le volume, cette œuvre délimite également l’espace d’exposition, comme s’il s’agissait de contenir le visiteur dans un lieu déterminé. Reprenant cette idée, deux larges pans de murs en crépi noir (Rance Club III et Arrangement in Black and Green) réduisent la grande pièce à l’étage à une salle plus petite, imposent un parcours au spectateur mais proposent également des lignes de fuite, via les meurtrières percées dans l’un de ces murs, et par lesquelles on entraperçoit les autres œuvres de Valentin Carron, fort habile metteur en espace donc.

François Bousquet
le 20/02/2008

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