Rose Boréal

 date

du 01/04/2008 au 11/05/2008

 salle

École Nationale Supérieure des Beaux-Arts,
Paris

 appréciation
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École Nationale Supérieure des Beaux-Arts

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École Nationale Supérieure des Beaux-Arts

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Après l’Arménie, le Brésil ou Israël, c’est au tour de la Finlande d’être à l’honneur cette année en France. Au milieu de la myriade de manifestations, Rose Boréal, exposition située dans la galerie de l’École Supérieure Nationale des Beaux-Arts et destinée à présenter une douzaine de photographes fraîchement diplômés de l’école d’Helsinki (département photo de l’université d’art et design dont sont déjà sortis d’indéniables talents comme Miklos Gaál), a retenu notre attention.

Comme souvent dans les expositions de groupe, l’hétérogénéité domine mais conduit néanmoins à quelques rapprochements intéressants. Ainsi, les œuvres d’Ea Vasko (taches de lumière nées de l’absence de focus) et de Mikko Sinervo (travail en verticalité sur le prisme lumineux) dialoguent dans une picturalité géométrique certes assez vue, mais toujours convaincante. Dans une approche plus formaliste, Niina Vatanen et Noomi Ljungdell s’attachent aux mots : la première reprend 60 lettres manuscrites qu’elle a reçues, les rature, efface, biffe ou enduit de correcteur blanc afin de les dépersonnaliser, d’en ôter tout affect et de forcer le spectateur à imaginer leur contenu, tandis que la seconde utilise les mots pour en faire les composants de l’image (paysage ou portrait). Attachées à la vie quotidienne, Pernilla Zetterman (natures mortes d’objets appartenant à sa grand-mère) et Milja Laurila (reconstitution fictive d’un album de famille via des collages et un accrochage en vignettes) s’égarent, pour leur part, dans une dimension fétichiste peu emballante. De même, on passera rapidement sur le carte-postalisme des paysages de Kalle Kataila pour s’arrêter sur le travail de Jari Silomäki (Ordinary Towns on Ordinary Days) qui nous laisse cependant circonspect. Plaquant l’esthétique du photo-reportage de guerre (noir et blanc, corps en mouvement, visages indistincts, sentiment d’urgence) à des jours et actions ordinaires, dans des villes pacifiées, le Finlandais joue sur un intéressant contraste, mais l’accumulation d’épreuves nous a semblé diluer le propos.

En revanche, on fut pleinement séduit par les photographies de Susanna Majuri. Présentant des personnages dont on ne voit pas la figure, comme absorbés dans un élément naturel trop grand pour eux (piscine, mer, bord de falaise verdoyant), les œuvres de la jeune femme font montre d’une étrangeté certaine (assez proche de celle qui peut exsuder des excellents travaux de Julia Fullerton-Batten), à la limite du réel et du para-fantastique. Loin de ces considérations figuratives quasi-narratives, mais non moins probants, les clichés de Joonas Ahlava se tournent, quant à eux, vers une abstraction quasi-pointilliste et travaillent la répétition, jusqu’à un fourmillement quasi-hypnotique.

François Bousquet
le 13/04/2008

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