Gregor Schneider : Sußer Duft

 date

du 22/02/2008 au 18/05/2008

 salle

Maison Rouge,
Paris

 appréciation
 tags

Gregor Schneider / Maison Rouge

 liens

Maison Rouge

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C’est peu de dire qu’on pénètre dans l’exposition de Gregor Schneider à la Maison Rouge avec une certaine appréhension. Entre la décharge qu’on nous fait signer au préalable (nous informant de possibles conséquences physiques), la visite imposée en solitaire, l’interdiction de revenir sur ses pas et l’attente debout devant une petite porte, rien n’est véritablement fait pour rassurer le spectateur.

À ce titre, difficile d’évoquer Sußer Duft sans dévoiler un dispositif qui fonctionne principalement par son effet de surprise. On se limitera alors à mentionner, outre l’appréhension soulignée précédemment, les sentiments tour à tour éprouvés : isolement, enfermement, perte de contrôle et de repères, mais aussi liberté et impression de participer soi-même à cette grande installation. Passant d’une pièce à l’autre (on regrettera, à cet égard, que l’on doive repasser, entre chaque salle, par les coulisses, simili-couloir qui entoure les pièces, contrainte qui conduit à casser le rythme de la visite), le spectateur devient ainsi le propre metteur en scène de l’exposition.

Cependant, il est également possible d’envisager cette inversion de la dialectique traditionnelle sous un jour plus cynique. Le spectateur, bien que s’imaginant acteur-créateur de l’œuvre ne serait en réalité qu’un pion manipulé, un pantin entre les mains de l’artiste allemand qui le ballade d’une pièce à l’autre, sans qu’il puisse dévier d’un parcours pré-établi. Explosion de l’espace classique d’exposition ou manifestation de la toute-puissance du fatum par le vecteur de l’artiste ?

Appréhensions à foison a priori et questionnements multiples a posteriori : au moins, l’œuvre de Gregor Schneider ne s’arrête-t-elle pas à la porte de l’exposition.

François Bousquet
le 06/05/2008

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