Alec Soth : L’espace entre nous

 date

du 15/04/2008 au 15/06/2008

 salle

Jeu de Paume,
Paris

 appréciation
 tags

Alec Soth / Jeu de Paume

 liens

Jeu de Paume

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Des attentions
(Crédac)

Occupant l’intégralité du premier étage du Jeu de Paume, L’Espace entre nous (beau titre) constitue la première monographie consacrée par une institution française à Alec Soth, photographe états-unien ayant rejoint l’agence Gamma en 2006. Les cinq grandes salles proposées permettent ainsi de découvrir son travail, de 1999 à aujourd’hui.

Débutant la visite à contre-courant, on entre tout d’abord dans la salle des Portraits, dans laquelle sa série de représentations manque cruellement de naturel, témoignant d’un caractère trop posé des sujets, bien que ces derniers soient capturés dans leur environnement propre. En revanche, quand Alec Soth sort du portrait en pied et choisit de décadrer son sujet pour se centrer, non pas sur l’homme, mais sur son chien et son tableau de Bridget Riley, il se fait nettement plus convaincant (Reedy, Riley and Reinhardt). Après être rapidement passé sur Paris / Minnesota, mise en parallèle un peu facile, limite démagogique, entre des figures de la haute couture parisienne et des quidams de l’état du Nord des Etats-Unis, on reprend le fil normal de la visite avec la salle consacrée à Dog Days, Bogota. Installé en Colombie pour y adopter une petite fille, Alex Soth y prit une série de clichés destinés à celle-ci, afin qu’elle conserve le souvenir de sa ville natale. Malheureusement, et assez logiquement compte tenu de la destination de cette série, l’esthétisation et le sentimentalisme dominent, renforcés par l’encadrement avec large passe-partout blanc des épreuves.

Les deux dernières salles présentent les deux séries les plus célèbres d’Alec Soth : Sleeping by the Mississipi et Niagara. La première fait écho à la descente du fleuve réalisée par l’artiste, saisissant aussi bien la vie quotidienne des habitants que la résonance politique (via la figure tutélaire de Martin Luther King), l’impact sociologique que les différences climatiques (des paysages enneigés aux vues baignées de soleil, en passant par des panoramas plus grisâtres). Dans Niagara, le natif de Minneapolis trouve la juste distance entre ironie (le portrait de famille caricatural de The Flechs, la lettre d’amour désuète de To The Love Of My Life), regard amusé sur l’industrie touristique (nombreux motels, Two Towels et ses serviettes de bain formant un cœur) et fascination pour le mythe que constituent ces chutes d’eaux (Falls #2).

François Bousquet
le 16/05/2008

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