Traces du Sacré

 date

du 07/05/2008 au 11/08/2008

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 appréciation
 tags

Andy Warhol / Bill Viola / Bruce Nauman / Centre Pompidou / John Giorno / Jonathan Monk / Lucio Fontana / Matt Mullican / Maurizio Cattelan

 liens

Centre Pompidou

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Annoncée comme le retour au Centre Pompidou des expositions pluridisciplinaires (peinture, sculpture, vidéo, installation), trans-courants (symbolisme, minimalisme, romantisme, futurisme, expressionisme, avant-garde, etc…) et étendues sur trois siècles (de la fin du XIXe siècle au début du XXIe), Traces du Sacré choisit, pour évoquer les relations entre art et spiritualité, une approche chronologique.

Mais celle-ci se double d’une démarche thématique puisque la première salle fait se confronter la putréfaction représentée par Damien Hirst (Forgive Them Father For They Know Not What They Do) à la disparition de Dieu évoquée par Lucio Fontana (Concetto Spaziale). D’entrée installée sous cet éclairage nihiliste, l’exposition se place également sous la figure tutélaire de Nietzsche, dont le portrait par Edvard Munch trône au-dessus du passage menant vers la deuxième salle. Débarrassés du poids divin, les artistes optèrent alors pour la création de leur propre mysticisme en s’intéressant à la matérialité (travail sur l’infini de Giorgio De Chirico), aux sciences occultes (plusieurs œuvres ayant trait à l’ésotérisme) ou en se repliant sur eux-mêmes (à l’image de Matt Mullican qui essaye de reproduire l’intérieur de son corps). La quête de sacré put également passer par des recherches formelles assez abstraites (Piet Mondrian, Kasimir Malevitch, Niele Toroni ou Constantin Brâncuși) ou par une surcharge plutôt kitsch comme en témoigne une bonne part des nombreuses œuvres d’art moderne ici montrées.

L’accrochage majoritairement chronologique conduit Traces du Sacré à se structurer autour des deux guerres mondiales, représentées par deux salles nommées Apocalypse, avec leurs impacts sur les pratiques artistiques : de la noirceur des toiles de Francis Bacon à l’impossibilité de nommer l’innommable (Him de Maurizio Cattelan). Cette noirceur se fait, au reste, de plus en plus prégnante après la seconde guerre mondiale, avec la magistrale installation de Bill Viola autour de la figure de Saint-Jean-de-la-Croix, les travaux d’Arnulf Rainer, de Thierry De Cordier et de Mark Rothko (Untitled (Black, Red over Black on Red)). Sur la fin, alors que l’on est passé du fourmillement des œuvres à des cimaises plus dépouillées, la lumière revient avec la splendide installation vidéo de Paul Chan (1st Light) ou les jeux d’ombre d’Andy Warhol (Diamond Dust Shadow).

Au moment de terminer le parcours, une spirale de Jonathan Monk (Sentence Removed (Emphasis Remains)) répond à celle de Bruce Nauman qui nous avait accueilli (The True Artist Helps the World by Revealing Mystic Truths (Window or Wall Sign)), laissant entendre que le cycle ainsi décrit peut reprendre d’un jour à l’autre car, comme le dit John Giorno : We Gave a Party for the Gods and the Gods all Came.

François Bousquet
le 07/06/2008

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