Tatiana Trouvé : 4 Between 3 And 2

 date

du 25/06/2008 au 29/09/2008

 salle

Centre Pompidou, Espace 315,
Paris

 appréciation
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Centre Pompidou, Espace 315 / Tatiana Trouvé

 liens

Centre Pompidou, Espace 315

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Artiste bien reconnue, ayant déjà disposé de monographies (en 2003 au CAPC, l’an passé au Palais de Tokyo), régulièrement montrée dans les FRAC (cet été encore, en Pays de Loire), Tatiana Trouvé était apparu comme un choix logique lors de l’attribution du Prix Marcel Duchamp, l’automne dernier. Dans le prolongement de cette distinction, et comme de coutume, l’Espace 315 du Centre Pompidou, accueille pour trois mois la lauréate italienne de naissance.

Dans un lieu complètement redessiné, qu’on a presque du mal à reconnaître, l’artiste travaille sur les proportions, faisant apparaître l’Espace 315 plus grand que d’habitude et traçant de mini-couloirs paraissant infinis (grâce à des petites portes transparentes et un jeu sur les miroirs). Ces installations, en forme d’interstices, d’entre-deux mentaux (que le titre de l’exposition convoque, avec cette évocation d’une dimension à cheval entre la sculpture tri-dimensionnelle et le dessin bi-dimensionnel), permettent à Tatiana Trouvé de mettre en place un champ d’étude, toutefois moins cérébral qu’il n’y paraît a priori. En effet, fortement évocateurs, ces petits espaces qu’on ne peut qu’observer, sans les pénétrer, se font aussi intrigants qu’apaisants, par leur austère simplicité. De surcroît, l’Italienne parvient à ne pas trop insister sur ce côté incertain, voire peu sûr de soi, de cet entre-deux : opérant dans ces thématiques de longue date, elle a su tracer sa route sans verser dans cette petite mièvrerie de celle qui ne saurait se positionner.

Entre les deux séries de couloirs, le reste de la pièce est coupé en deux par une grande grille noire ajourée que le spectateur traverse à loisir, évoluant au milieu de sculptures travaillant elles aussi sur la perception (à l’image de cette corde faisant un arc de deux mètres de haut et tenant toute seule), de dessins sur lesquels on ne s’attarde pas, et troublé par deux monticules de sable noir. Constitués au fur et à mesure de l’écoulement de ce sédiment, rien ne semble pouvoir arrêter la progression de ces élévations, nous poussant à imaginer un espace d’exposition entièrement rempli de sable noir tout en apparaissant en même temps comme assez éphémères, pouvant être déblayés à tout instant. Massifs et fragiles à la fois, ces monticules constituent en définitive de jolis symboles de l’œuvre de Tatiana Trouvé.

François Bousquet
le 05/07/2008

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