Virginie Yassef : La seconde est partie la première

 date

du 01/07/2008 au 28/09/2008

 salle

Jeu de Paume,
Paris

 appréciation
 tags

Jeu de Paume / Virginie Yassef

 liens

Jeu de Paume

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En plus de ses grandes expositions thématiques et rétrospectives (Richard Avedon, en ce moment), le Jeu de Paume propose, depuis septembre 2007, une « Programmation Satellite » dévolue à la création contemporaine. Bien que les œuvres des jeunes artistes ainsi conviés peinent à former une véritable exposition, éparpillées qu’elles sont dans le foyer, la mezzanine ou la salle de documentation, la démarche de l’institution parisienne reste tout à fait louable. Le quatrième volet de cette série est assuré par Virginie Yassef, plasticienne dont on a déjà pu vanter les mérites en ces pages (lors de l’exposition Dérive à la Fondation d’Entreprise Ricard où son Passe Apache faisait merveille) et dont on apprécie régulièrement les pièces à la Galerie Vallois.

C’est d’ailleurs un film vu l’an passé dans cette galerie qui ouvre les débats. Présentant un jeune garçon en train d’assembler des pièces géométriques, Alloy transpose à une plus grande échelle les jeux de construction pour enfants, montrant à voir un résultat qui, évoluant au gré de l’inspiration du garçon, passe d’un monticule minéral à une sorte de vaisseau spatial. Placée entre le banc dévolu aux spectateurs et l’écran, une de ces formes gêne presque la vision, comme échappée du court-métrage, trop grande pour l’aplat filmique et trop imposante pour être limitée aux deux dimensions de la vidéo. Encore plus imposant, un éléphant trône dans le foyer, entouré de chaises en bois typiques de ces meubles en kit. Massif, le mammifère n’en demeure pas moins hésitant par son allure un peu pataude et les faux raccords entre les plaques de bois qui le composent, mais aussi inquiétant de par les sons métalliques qui en émanent, comme si, cheval de Troie des temps modernes, des gens (un atelier clandestin nous suggère la commissaire) y étaient emprisonnés.

Autre œuvre déjà vue par le passé, Billy Montana continue de nous enchanter : bibliothèque Ikea dans laquelle a été disposée une cinquantaine d’étagères de couleurs différentes (celles de la gamme offerte par les bombes de grapheur Montana) afin de former un nuancier. De l’objet utilitariste par essence, Virginie Yassef parvient ainsi à faire une pièce design, voire artistique, le vidant de son caractère purement pratique pour atteindre une incontestable grâce chromatique. Si l’on regrettait précédemment la mise en espace éclatée de cette exposition, il faut néanmoins reconnaître que placer Billy Montana, bibliothèque inutilisable comme telle, dans la salle de documentation, à côté des catalogues et ouvrages pédagogiques, introduit une certaine ironie qu’on n’avait pas encore perçu chez la jeune Française.

François Bousquet
le 13/07/2008

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