Jonathan Monk : Time Between Spaces

 date

du 29/05/2008 au 24/08/2008

 salle

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris,
Paris

 appréciation
 tags

Jonathan Monk / Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

 liens

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

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Alors que leurs positions dans chacune des deux ailes du même bâtiment pourraient laisser craindre un affrontement incessant, le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris et le Palais de Tokyo ont choisi, pour cet été, de présenter chacun une moitié de l’exposition de Jonathan Monk. Avec une vingtaine de pièces de chaque côté, cette monographie permet donc de faire le point sur la production de l’Écossais qui, en bonne logique, travaille ici sur les questions spatio-temporelles.

Au-delà du meilleur parti qu’il parvient à tirer des lieux (mobiles de ronds de verre sous l’entrée arrondie du Musée d’Art Moderne - We Feel Lost Without You -, extérieur d’un puzzle disposé autour d’une colonne - The Outside of Something), Jonathan Monk organise plusieurs de ses œuvres autour de cette stéréo. L’extérieur du puzzle est ainsi dans un lieu, l’intérieur dans l’autre ; un talkie-walkie ici, l’autre là ; une main gauche de cire d’une part, la main droite de l’autre, etc… À cette disjonction spatiale s’ajoute, de surcroît, une disjonction temporelle soulignée par les établis d’horlogers que l’on trouve dans chacun des deux musées, la diffusion de Retour vers le Futur au Palais de Tokyo ou ces deux anciennes horloges mises face à face, comme s’il s’agissait de produire un effet feedback (The Odd Couple (French Version)).

Fortement référencée, la démarche de Jonathan Monk se perd un peu, par endroits, dans une connivence tongue-in-cheek : les deux peintures Before a Bigger Splash et After a Bigger Splash renvoyant à la toile de David Hockney ou l’open cube de Sol LeWitt surplombé de chapeaux melons à la Magritte (Conversation Piece). Parfois même, tout cela vire à la blague potache un rien facile (les talkies-walkies déjà mentionnés, les cartels de l’exposition Cadere laissés dans la salle du Musée d’Art Moderne, les fictifs dates et lieux de rendez-vous imprimés à même les murs). Mieux vaut donc s’arrêter sur ce dénuement gracieux du minimalisme que sait parfaitement mettre en œuvre Jonathan Monk via une simple installation au laser (Father and Son Shoulder Piece), un ballon argent (Giant Mirrored Balloon) ou ces larges mobiles tournant sur eux-mêmes grâce à des moteurs de boule à facettes (We Feel Lost Without You et Nothing Turning Around by Itself).

François Bousquet
le 20/07/2008

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